
En Guadeloupe, un projet ambitieux vise à réhabiliter le manioc pour décoloniser l'alimentation et promouvoir une agriculture locale durable.
Dans ce département français, 75% de la nourriture est importée. Un projet vise à réhabiliter dans l'archipel le manioc, plante qui a constitué un aliment de base bien avant la colonisation.
Très utilisé par les Amérindiens, du Brésil aux plateaux de Guyane, puis sur le continent africain, le manioc a fini par être relégué au second plan au gré de l'évolution des habitudes alimentaires importées par les Européens. La racine a simplement été conservée dans les jardins familiaux.
Pas encore de filière manioc
En Guadeloupe, le manioc est encore cultivé, mais sans aucune structuration de filière.
Localement, le tubercule est exploité dans les kassaveries, des espaces d'agro-transformation très artisanaux. Une fois ramassé, il faut le laver, l'éplucher, le transformer en farine par grugeage (râpage, "grajé" en créole).
Manque de connaissances scientifiques
En Guadeloupe, ils sont nombreux à avoir pris à bras le corps cette thématique, mélange subtil de locavorisme, promouvant la consommation de nourriture produite dans un rayon restreint autour de son habitation, et de militantisme écologiste et décolonial.
Devenir locavore
Cependant, la méconnaissance scientifique règne autour de ces produits. Selon eux, tout est à réapprendre et surtout à se réapproprier. L'aventure culinaire est séduisante et les chefs locaux de la cuisine gastronomique s'allient avec les agriculteurs, les agro-transformateurs et rivalisent d'originalité pour redonner des lettres de noblesse aux racines locales.









