
Le président Recep Tayyip Erdogan a présenté un plan économique ambitieux pour renforcer l’attractivité de la Türkiye. Baisse de l’impôt sur les sociétés pour les exportateurs, réforme du cadre des investissements étrangers et amélioration des indicateurs macroéconomiques: Ankara multiplie les signaux en direction des marchés internationaux. Avec des exportations record et une inflation en baisse, le gouvernement vise une croissance durable. Cette stratégie s’inscrit dans une volonté de positionner la Türkiye comme un hub économique incontournable entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique.
Un tournant stratégique pour l’économie turque
Réforme fiscale: un levier central pour soutenir les exportateurs
Parmi les annonces clés figure une réduction de l’impôt sur les sociétés pour les entreprises exportatrices, actuellement fixé à 20 %. Cette baisse vise à soutenir un secteur stratégique, alors que les exportations turques ont atteint un niveau record de 273,4 milliards de dollars en 2025.
Cette mesure viendra renforcer un dispositif déjà existant, qui prévoit une réduction fiscale pour les activités exportatrices. Elle cible en priorité les groupes industriels, fortement impactés par les tensions logistiques et la hausse des coûts des matières premières ces dernières années.
Un cadre renforcé pour les investissements étrangers
Le gouvernement turc prévoit également une refonte du cadre juridique afin de faciliter l’arrivée des capitaux internationaux. Cette réforme inclura des mesures administratives, financières et institutionnelles destinées à simplifier les procédures et sécuriser les investissements.
Selon les autorités, la Türkiye dispose désormais d’indicateurs macroéconomiques solides pour soutenir cette ambition: réserves de change atteignant 215,6 milliards de dollars, produit intérieur brut dépassant 1 500 milliards de dollars et recettes budgétaires en hausse de plus de 30 % en 2026.
Inflation, croissance: des signaux de stabilisation
Le président turc a également mis en avant l’amélioration des indicateurs économiques. Après un pic à 75 % en mai 2024, l’inflation est redescendue à 31 % fin 2025. L’objectif du gouvernement est de passer sous la barre des 20 % dès 2026, avec un retour à un chiffre en 2027.
Parallèlement, le Programme à moyen terme prévoit une croissance de 5 % du PIB en 2026, traduisant la volonté d’inscrire la reprise dans la durée.
Une stratégie géoéconomique assumée
Au-delà des mesures fiscales, Ankara entend capitaliser sur sa position géographique stratégique. Située à la croisée de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique, la Türkiye ambitionne de devenir un hub logistique et industriel dans un contexte de recomposition des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Cette dynamique s’appuie sur plusieurs secteurs clés, notamment l’industrie de défense, dont les exportations ont atteint 7,1 milliards de dollars en 2025, ainsi que sur le développement d’accords de libre-échange avec de nouveaux partenaires.
Faire de la Türkiye un hub économique majeur
Les annonces du 24 avril 2026 marquent une étape importante dans la stratégie économique turque. Après une période marquée par des turbulences, Ankara mise désormais sur une combinaison de rigueur budgétaire, de réformes fiscales et d’ouverture aux capitaux étrangers.
L’objectif est de faire de 2026 une année charnière, où la Türkiye consolide sa stabilité économique tout en renforçant son attractivité sur la scène internationale.









