
L'envoyé spécial de l'ONU Carlos Ruiz Massieu alerte sur une phase décisive pour Haïti. Malgré les avancées institutionnelles et la préparation des premières élections depuis 2016, la violence des gangs et la crise humanitaire menacent la stabilité du pays. Le Premier ministre Fils-Aimé demande solidarité internationale.
Une transition politique sous haute tension
Le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) considère que le pays a franchi un cap crucial. Selon Carlos Ruiz Massieu, cette période charnière nécessite des efforts soutenus sur les plans politique et sécuritaire. La passation des pouvoirs au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé en février a permis d'assurer la continuité institutionnelle à un moment de grande vulnérabilité.
Les signaux positifs se multiplient. Un pacte national de stabilité signé par des centaines d'acteurs politiques et civils prépare le terrain pour les premiers scrutins depuis une décennie. L'enregistrement des partis est achevé et les autorités révisent le budget électoral. Pour la première fois depuis plus de trois ans, le Cabinet s'est réuni au Palais national, symbole du retour progressif de l'État.
La violence des gangs paralyse le pays
Malgré ces avancées, la situation sécuritaire demeure alarmante. Les massacres perpétrés par les groupes armés continuent de faire des ravages dans les communautés. Des dizaines de personnes ont trouvé la mort lors des récentes attaques. Les statistiques sont effrayantes: près de 1,5 million d'Haïtiens sont déplacés internes et 6,4 millions nécessiteront une assistance humanitaire en 2026.
L'envoyé de l'ONU insiste sur l'urgence de couper les flux d'armes illicites. Il relève une corrélation directe entre l'approvisionnement en munitions et l'intensification des violences. Jusqu'à 90 % de la capitale Port-au-Prince resteraient sous l'emprise des gangs, selon les estimations.
La Force de Répression des Gangs redéfinit la stratégie
Jack Christofides, représentant de la Force de Répression des Gangs (FRG), a détaillé le déploiement par phases de cette mission. Cette force devrait atteindre 5 500 membres pour une durée d'un an. Son objectif: réduire les capacités des gangs à un niveau gérable par les institutions haïtiennes, créant ainsi l'espace nécessaire au rétablissement de l'autorité étatique.
La FRG se veut disciplinée et responsable, axée sur le partenariat et le respect strict du droit international humanitaire. Christofides souligne l'équilibre nécessaire entre efficacité et responsabilité pour gagner la confiance des populations.











