Haïti entre espoir politique et violence: l'ONU tire la sonnette d'alarme

13:1524/04/2026, vendredi
AA
L'envoyé spécial de l'ONU Carlos Ruiz Massieu.
Crédit Photo : @UltimaHoraCR / X
L'envoyé spécial de l'ONU Carlos Ruiz Massieu.

L'envoyé spécial de l'ONU Carlos Ruiz Massieu alerte sur une phase décisive pour Haïti. Malgré les avancées institutionnelles et la préparation des premières élections depuis 2016, la violence des gangs et la crise humanitaire menacent la stabilité du pays. Le Premier ministre Fils-Aimé demande solidarité internationale.

Une transition politique sous haute tension

Le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) considère que le pays a franchi un cap crucial. Selon Carlos Ruiz Massieu, cette période charnière nécessite des efforts soutenus sur les plans politique et sécuritaire. La passation des pouvoirs au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé en février a permis d'assurer la continuité institutionnelle à un moment de grande vulnérabilité.

Les signaux positifs se multiplient. Un pacte national de stabilité signé par des centaines d'acteurs politiques et civils prépare le terrain pour les premiers scrutins depuis une décennie. L'enregistrement des partis est achevé et les autorités révisent le budget électoral. Pour la première fois depuis plus de trois ans, le Cabinet s'est réuni au Palais national, symbole du retour progressif de l'État.

La violence des gangs paralyse le pays

Malgré ces avancées, la situation sécuritaire demeure alarmante. Les massacres perpétrés par les groupes armés continuent de faire des ravages dans les communautés. Des dizaines de personnes ont trouvé la mort lors des récentes attaques. Les statistiques sont effrayantes: près de 1,5 million d'Haïtiens sont déplacés internes et 6,4 millions nécessiteront une assistance humanitaire en 2026.

L'envoyé de l'ONU insiste sur l'urgence de couper les flux d'armes illicites. Il relève une corrélation directe entre l'approvisionnement en munitions et l'intensification des violences. Jusqu'à 90 % de la capitale Port-au-Prince resteraient sous l'emprise des gangs, selon les estimations.

La Force de Répression des Gangs redéfinit la stratégie

Jack Christofides, représentant de la Force de Répression des Gangs (FRG), a détaillé le déploiement par phases de cette mission. Cette force devrait atteindre 5 500 membres pour une durée d'un an. Son objectif: réduire les capacités des gangs à un niveau gérable par les institutions haïtiennes, créant ainsi l'espace nécessaire au rétablissement de l'autorité étatique.

La FRG se veut disciplinée et responsable, axée sur le partenariat et le respect strict du droit international humanitaire. Christofides souligne l'équilibre nécessaire entre efficacité et responsabilité pour gagner la confiance des populations.

L'appel du Premier ministre: solidarité, pas charité

Alix Didier Fils-Aimé a présenté au Conseil de sécurité ses trois priorités: rétablir l'autorité de l'État, protéger les civils et préparer le retour à l'ordre constitutionnel.
L'État reprend sa juste place, Haïti ne périra pas
, a-t-il déclaré, annonçant la reconquête progressive de plusieurs quartiers de la capitale.
Sur le plan sécuritaire, 1 200 policiers sont déjà opérationnels avec un objectif de 3 000 d'ici fin 2026. Deux cents militaires consolident le centre-ville tandis qu'une unité d'élite de 700 recrues est attendue. Le chef du gouvernement réclame le déploiement immédiat et pleinement financé de la force internationale.
"Nous ne demandons pas la charité, mais la solidarité"
, martèle-t-il, tout en annonçant la préparation du cadre légal électoral et le retour volontaire des familles déplacées.

A lire également:

#Carlos Ruiz Massieu
#Alix Didier Fils-Aimé
#Haïti
#BINUH
#Force de Répression des Gangs
#FRG
#Port-au-Prince
#Conseil de sécurité ONU
#violence des gangs
#crise humanitaire Haïti