
La température moyenne mondiale a atteint en 2025 un niveau supérieur de 1,39°C à l'ère préindustrielle, dont 1,37°C imputable aux activités humaines, selon une étude publiée jeudi par plus de 70 scientifiques de 17 pays.
Selon l'analyse publiée dans la revue Earth System Science Data par plus de 70 experts de 17 pays, notamment plusieurs auteurs du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), la température moyenne mondiale a franchi en 2025 un seuil historique en atteignant 1,39°C au-dessus des niveaux de l'ère préindustrielle (1850-1900), dont 1,37°C directement imputable aux activités humaines.
Par ailleurs, le déséquilibre énergétique terrestre, mesurant l'écart entre l'énergie solaire reçue et celle renvoyée vers l'espace, a doublé au cours des dernières décennies pour atteindre un niveau jamais observé auparavant.
L'Accord de Paris sous pression
Les scientifiques attribuent cette accélération principalement à la poursuite des émissions de gaz à effet de serre liées à l'utilisation massive des énergies fossiles, combinée à la diminution récente des aérosols atmosphériques dont l'effet refroidissant masquait partiellement jusqu'à présent l'ampleur réelle du réchauffement.
En l'absence de réductions rapides et massives des émissions dans les prochaines années, ce seuil symbolique pourrait être franchi dès 2030, mettant en péril les objectifs climatiques internationaux, soulignent les auteurs de l'étude.
Manifestations physiques accélérées
L'analyse révèle également une accélération marquée des conséquences physiques concrètes du changement climatique sur les systèmes océaniques.
De plus, le nombre annuel de jours de vagues de chaleur marines a plus que triplé depuis 1991 pour atteindre 65 jours en 2025, témoignant d'une dégradation rapide et inquiétante des écosystèmes océaniques et de leur biodiversité.
Menaces sur les systèmes d'observation
Par ailleurs, les chercheurs mettent en garde contre les conséquences potentiellement désastreuses des réductions budgétaires affectant plusieurs programmes internationaux de surveillance du climat.
Des systèmes d'observation terrestre, océanique et satellitaire essentiels au suivi continu du réchauffement mondial sont menacés de disparition dans plusieurs pays industrialisés, tandis que les financements alloués à certains programmes de recherche climatique et d'observation de la Terre connaissent une baisse préoccupante.
Selon les auteurs, ces outils demeurent indispensables pour documenter avec précision l'évolution du réchauffement, calibrer les modèles prédictifs et évaluer avec fiabilité les impacts climatiques à l'échelle planétaire.











