Grève SNCF : un TGV sur trois et un Intercités sur deux annulés

La rédaction avec
13:1410/06/2026, Çarşamba
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Des voyageurs consultent les panneaux d'affichage des départs à la gare de Saint-Jean, à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, le 10 juin 2026, alors qu'une grève nationale des cheminots de la SNCF est en cours.
Crédit Photo : PHILIPPE LOPEZ / AFP
Des voyageurs consultent les panneaux d'affichage des départs à la gare de Saint-Jean, à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, le 10 juin 2026, alors qu'une grève nationale des cheminots de la SNCF est en cours.

Le trafic ferroviaire est fortement perturbé mercredi en France en raison d'un mouvement de grève de 24 heures lancé par les principaux syndicats de la SNCF, qui réclament des revalorisations salariales et dénoncent l'ouverture à la concurrence, a indiqué la direction.

Selon SNCF Voyageurs, les trains régionaux (TER) constituent la principale victime de ce mouvement social de 24 heures, bien que les liaisons à grande vitesse et Intercités subissent également des restrictions significatives.

En moyenne, un TGV sur trois et un train Intercités sur deux ne circuleront pas ce mercredi sur l'ensemble du territoire français, a précisé l'entreprise publique dans un communiqué.

Par ailleurs, le réseau de transports en commun francilien est touché par des difficultés de circulation, à l'exception notable du RER A qui demeure relativement épargné par les actions des grévistes.

Revendications syndicales sur les salaires et la concurrence

Les organisations CGT-Cheminots, UNSA-Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots ont conjointement lancé cet arrêt de travail pour réclamer un moratoire immédiat sur l'ouverture à la concurrence du transport ferroviaire ainsi que des revalorisations salariales compensant l'inflation galopante.

Au centre des préoccupations figure la réorganisation structurelle engagée par la direction dans le cadre de la libéralisation progressive du secteur, qui prévoit la création de filiales dédiées à l'exploitation des lignes régionales.

Les syndicats craignent que ces transformations n'entraînent une dégradation substantielle des conditions de travail pour les salariés transférés vers ces nouvelles entités juridiques.

Transformation du secteur ferroviaire et enjeux économiques

Selon la direction de SNCF Voyageurs, environ 27 000 salariés sont directement concernés par ce vaste processus de transformation lié à l'introduction de la concurrence sur le réseau ferré national.

Neuf des onze régions métropolitaines ont déjà engagé ou prévoient de lancer prochainement des appels d'offres pour confier l'exploitation de leurs réseaux TER à des opérateurs privés, en application de la loi qui impose l'ouverture complète d'ici la fin 2033.

De plus, la concurrence s'est développée sur certains axes à grande vitesse, où plusieurs opérateurs peuvent désormais proposer leurs services commerciaux sur les mêmes lignes.

Les autorités régionales défendent cette évolution comme un levier nécessaire d'amélioration de l'offre de transport et de la qualité de service pour les usagers, tandis que les organisations syndicales estiment que les gains de productivité escomptés par les pouvoirs publics se réalisent principalement au détriment des droits et de la rémunération des personnels.

Les syndicats alertent par ailleurs sur les conséquences sociales des restructurations en cours et dénoncent un climat de défiance accru au sein de l'entreprise publique.

Contexte législatif européen

Pour rappel, la libéralisation du secteur ferroviaire français s'inscrit dans une directive européenne visant à ouvrir les marchés nationaux du transport de voyageurs par rail à la concurrence, une réforme structurelle qui transforme profondément l'organisation du travail et le statut des cheminots depuis plusieurs années déjà.


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