
Kaveh Madani alerte sur le lien étroit entre crise de l’eau, changement climatique et paix mondiale. Selon lui, les populations les plus vulnérables subissent de manière disproportionnée les conséquences du dérèglement climatique. Il souligne que la stabilité politique est indispensable pour une gestion durable des ressources hydriques. À l’approche de la COP31 en Türkiye, Madani estime que le pays peut jouer un rôle clé pour intégrer pleinement l’eau dans les négociations climatiques. Il appelle enfin à considérer l’eau comme un facteur d’unité et de sécurité mondiale.
Kaveh Madani, directeur de l’Institut de l’eau, de l’environnement et de la santé de l’Université des Nations unies (UNU-INWEH), a souligné l’importance de la paix régionale et mondiale pour faire face aux crises de l’eau et du climat.
Dans un entretien accordé à Anadolu, il a insisté sur le lien direct entre justice climatique et accès à l’eau, estimant que certaines populations paient un prix disproportionné face aux conséquences du dérèglement climatique.
Une crise de l’eau aux impacts inégaux
Selon lui, les pays développés disposent de moyens pour atténuer les effets du changement climatique, contrairement à des pays comme le Yémen ou la Syrie, particulièrement vulnérables.
Il a également rappelé que la Journée mondiale de l’eau 2026 mettait en avant les liens entre eau, femmes et égalité des genres, soulignant que les impacts de la crise varient selon l’âge et le genre.
Paix et climat: un lien indissociable
Madani insiste sur un point central: sans stabilité politique, aucune solution durable ne peut émerger.
Il a mis en garde contre les conséquences des conflits en cours au Moyen-Orient, évoquant notamment les menaces sur les infrastructures vitales comme les usines de dessalement.
Türkiye en première ligne à la COP31
La conférence COP31, prévue du 9 au 20 novembre en Türkiye, pourrait constituer un tournant.
Madani estime que la Türkiye est particulièrement bien positionnée pour porter la question de l’eau au cœur des négociations climatiques.
Il regrette toutefois que l’eau reste insuffisamment intégrée dans les discussions climatiques, souvent dominées par les enjeux énergétiques.
"Pas de paix sans eau, pas d’eau sans paix"
En conclusion, Madani appelle à replacer l’eau au centre des politiques climatiques mondiales.
Pour lui, la COP31 représente une opportunité majeure pour combler les lacunes des accords existants et renforcer le rôle de l’eau dans l’Accord de Paris.









