Musulmans en Occident: un "code de bonne conduite" dicté par des islamophobes

La rédaction
12:1213/02/2026, vendredi
Yeni Şafak
Couverture du "Musulmans en Occident", présenté comme un "guide de bonne conduite" pour les musulmans de France et initié par la Grande Mosquée de Paris. Le président de l'Observatoire national de lutte contre l'islamophobie, Abdallah Zekri, dénonce la présence de personnalités ouvertement islamophobes dans ce projet et appelle à un réexamen immédiat afin de préserver la dignité, la liberté et la crédibilité des musulmans de France.
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Couverture du "Musulmans en Occident", présenté comme un "guide de bonne conduite" pour les musulmans de France et initié par la Grande Mosquée de Paris. Le président de l'Observatoire national de lutte contre l'islamophobie, Abdallah Zekri, dénonce la présence de personnalités ouvertement islamophobes dans ce projet et appelle à un réexamen immédiat afin de préserver la dignité, la liberté et la crédibilité des musulmans de France.

Abdallah Zekri, président de l’Observatoire national de lutte contre l’islamophobie et recteur de la mosquée de la Paix à Nîmes, dénonce l’initiative du recteur de la Grande Mosquée de Paris visant à établir un "code de bonne conduite" pour les musulmans de France et d’Occident. Il critique la présence de personnalités qu’il qualifie d’islamophobes dans ce projet et appelle à un réexamen immédiat afin de préserver la dignité, la liberté et la crédibilité des musulmans de France.

Déclaration relative à l’initiative du recteur de la Grande Mosquée de Paris concernant l’établissement d’un
"code de bonne conduite"
pour les musulmans

C’est avec stupéfaction et indignation que nous avons pris connaissance de la liste des personnalités sollicitées par le recteur de la Grande Mosquée de Paris pour participer à la rédaction d’un ouvrage intitulé
Musulmans en Occident
, destiné à établir un prétendu
"guide"
pour les
musulmans de France et d’Occident
.

Parmi ces personnes figurent des individus connus pour leurs
positions ouvertement islamophobes
ou leurs déclarations controversées, tels que Louis Alliot (Rassemblement national), Philippe Val, qui s’est publiquement déclaré islamophobe, ou encore Richard Malka, auteur de propos dénigrant le texte coranique. La participation de telles personnalités à ce projet est perçue par la communauté musulmane comme une humiliation et une offense insupportable.

Les musulmans n'ont nul besoin d'être éduqués par des personnes hostiles

Cette initiative jette un
discrédit profond
sur l’idée même d’un
"code de bonne conduite"
et participe à légitimer des positions hostiles envers les musulmans, en donnant l’image fallacieuse d’une communauté immature et nécessiteuse de leçons de moralité. Les musulmans de France n’ont nul besoin d’être
"éduqués"
par des personnes dont l’hostilité à leur égard est avérée.

Le recteur est libre, à titre personnel, de rencontrer ou d’écouter qui bon lui semble. Mais il ne peut en aucun cas représenter la
Grande Mosquée de Paris
ni parler au nom des musulmans de France dans le cadre de telles initiatives. Ceux-ci, attachés à leur dignité et à leur liberté, n’accepteront jamais que des islamophobes viennent s’ingérer dans leur vie quotidienne ou dans leur pratique religieuse.

"Faute morale grave"


On peine à imaginer qu’un responsable religieux d’une autre confession sollicite des individus notoirement antisémites ou christianophobes pour élaborer un
"guide de bonne conduite"
destiné à ses fidèles. Ce type de démarche constitue une faute morale grave et rend inaudible la voix de la Grande Mosquée de Paris aux yeux de ses fidèles.

Rappelons que le recteur a déjà pris des décisions controversées, qui ont suscité incompréhension et inquiétude :


  • Il a maintenu des liens étroits avec le grand rabbin Haim Korsia, qui a publiquement justifié les actions de l’armée israélienne à Gaza.
  • Il a déclaré que "le voile ne devrait pas exister en France", rejoignant ainsi des positions politiques qui ont contribué à accentuer la pression et le harcèlement sur les femmes portant le voile.

Enfin, il convient de préciser que notre critique ne concerne que l’individu à la tête de l’institution et non la Grande Mosquée de Paris elle-même, que nous avons toujours défendue depuis l’époque de Cheikh Abbes, Tedjini Haddam et Dalil Boubakeur. L’actuel recteur, arrivé grâce à des relations personnelles et dépourvu de formation religieuse ou théologique, a progressivement isolé l’institution et provoqué le rejet de nombreuses mosquées et de responsables algériens.


Appel à la vigilance


Nous appelons à une
vigilance accrue
et à un réexamen immédiat de cette initiative afin de protéger la dignité, la liberté et la crédibilité des musulmans de France et de leur institution phare.

Il est plus que temps d'arrêter de tordre le cou aux divers préceptes de la religion musulmane dans le but de plaire ou de recevoir l'approbation de telle ou telle autorité ou courant d'idées dit moderniste. Une attitude, du reste, sans égale chez les responsables des autres cultes existants en France.


Abdallah Zekri,

Président de l’Observatoire national de lutte contre l’islamophobie

Recteur de la mosquée de la Paix (Nîmes)


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