OTAN : Rutte appelle l’Europe et le Canada à augmenter les dépenses de défense malgré le recentrage américain

La rédaction avec
16:1212/02/2026, jeudi
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Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre ukrainien de la Défense, en marge d'une réunion des ministres de la Défense de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 12 février 2026.
Crédit Photo : JOHN THYS / AFP
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre ukrainien de la Défense, en marge d'une réunion des ministres de la Défense de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 12 février 2026.

Le secrétaire général de l’OTAN a exhorté jeudi les alliés européens et canadiens à augmenter leurs dépenses de défense et leur production industrielle, soulignant que les États-Unis restent engagés au sein de l’Alliance, tout en ayant recentré leurs priorités vers l’Indo-Pacifique.

S’exprimant devant la presse avant la réunion, Mark Rutte a indiqué que les discussions porteraient sur la mise en œuvre des décisions prises lors du sommet de La Haye, notamment l’
"accélération"
des investissements dans la défense et le renforcement de la base industrielle de l’Alliance afin de garantir la dissuasion.
Il a également insisté sur la poursuite du soutien à l’Ukraine, évoquant un nouveau paquet britannique de défense aérienne d’un montant de 500 millions de livres sterling (environ 630 millions de dollars), tout en avertissant que Kyiv reste la cible d’attaques de missiles malgré sa résilience sur le champ de bataille.
Rutte a souligné que la hausse récente des dépenses militaires des alliés montre que la pression exercée par Washington porte ses fruits, notant que les alliés européens et canadiens
"intensifient leurs efforts"
avec des milliards supplémentaires consacrés à la défense.

Les États-Unis appellent à un rôle européen renforcé

Plus tard, lors de déclarations conjointes avec Elbridge Colby, sous-secrétaire américain à la Défense chargé de la politique, Rutte l’a salué comme un défenseur constant d’un engagement accru des alliés européens et canadiens au sein de l’OTAN.

Colby a estimé que ces dernières années ont marqué un tournant pour l’Alliance, affirmant que les États-Unis souhaitent que l’Europe prenne la tête de la défense conventionnelle de l’OTAN, alors que Washington redirige davantage son attention stratégique vers l’Indo-Pacifique.

Il a attribué au leadership du président américain Donald Trump le mérite d’avoir encouragé les alliés à accroître leurs ressources, décrivant l’objectif comme celui d’une
"alliance sérieuse axée sur la défense et la dissuasion"
.

Arctique, Russie et Chine : des préoccupations persistantes

Dans ses déclarations préliminaires, Rutte a mis en garde contre les menaces à long terme émanant de la Russie et appelé à ne pas sous-estimer la présence croissante de la Chine dans l’Arctique.

Il a affirmé que les initiatives de l’OTAN visant à sécuriser l’Arctique, la région de la Baltique et le flanc oriental démontrent la capacité de l’Alliance à faire face simultanément à plusieurs menaces, citant notamment des incursions de drones en Pologne et l’entrée présumée d’un missile dans l’espace aérien estonien comme rappels des risques persistants.

Rutte a rejeté les affirmations selon lesquelles Washington n’exercerait pas suffisamment de pression sur Moscou, assurant que les États-Unis et l’Europe appliquent des sanctions et poursuivent leur aide militaire à l’Ukraine.

Malgré les responsabilités mondiales des États-Unis, il s’est dit convaincu que Washington maintiendra à la fois son
"parapluie nucléaire"
et une
"forte présence conventionnelle en Europe"
, les qualifiant de piliers
"cruciaux"
de la sécurité transatlantique.

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