
Au moins douze maires mis en cause ou condamnés pour des violences sexistes et sexuelles ont été élus lors des dernières municipales.
Le cas de Boisseuil, en Haute-Vienne, illustre cette réalité. Philippe Janicot, maire sortant, a été réélu alors qu’il est mis en examen pour des viols dénoncés par quatre femmes. Placé sous contrôle judiciaire depuis décembre 2025, il ne peut plus fréquenter sa commune en dehors des conseils municipaux.
D’autres élus présentent des profils similaires. Toujours selon Mediapart, plusieurs maires ont été condamnés, comme Paul Burro, réélu au Belvédère malgré une condamnation en appel à douze mois de prison avec sursis pour harcèlement et atteinte à la vie privée, ou encore Fred Mahler, maire de Goudargues, condamné le 24 mars 2026 à huit mois de prison avec sursis pour agressions sexuelles, sans exécution provisoire.
"Les concitoyens n’aiment pas trop qu’on attaque là-dessus"
Moulin conteste une partie des faits et reste présumé innocent. Éric Carnat, maire de Saint-Aignan, est quant à lui visé par des accusations de viol et de harcèlement après des plaintes de deux agentes.
L’enquête souligne également que ces situations ne se limitent pas aux maires. Des élus locaux, comme Damien Abad à Oyonnax ou Mathieu Cahn à Strasbourg, occupent des fonctions malgré des accusations ou des procédures en cours.
Faire évoluer la loi
Face à cette situation, des mobilisations émergent. Des collectifs locaux, notamment en Haute-Vienne, souhaitent faire évoluer la loi pour imposer des conditions plus strictes d’éligibilité, comme l’absence de condamnation inscrite au casier judiciaire. Plusieurs propositions législatives en ce sens ont déjà été déposées ces dernières années, sans aboutir.
L’enquête de Mediapart met ainsi en lumière un paradoxe démocratique : alors que la parole des victimes se libère et que la couverture médiatique s’intensifie, une partie des électeurs continue d’accorder sa confiance à des responsables politiques mis en cause.











