Catherine Pégard dénonce les "attaques ignobles" contre Bally Bagayoko et critique le ton de certains débats médiatiques

La rédaction avec
16:1130/03/2026, lundi
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La ministre française de la Culture, Catherine Pégard, assiste à l'inauguration d'une exposition marquant le centenaire de la mort du peintre impressionniste français Claude Monet au Musée des Impressionnismes à Giverny, le 27 mars 2026.
Crédit Photo : LOU BENOIST / AFP
La ministre française de la Culture, Catherine Pégard, assiste à l'inauguration d'une exposition marquant le centenaire de la mort du peintre impressionniste français Claude Monet au Musée des Impressionnismes à Giverny, le 27 mars 2026.

La ministre française de la Culture, Catherine Pégard, a dénoncé lundi des "attaques ignobles" et "inadmissibles" visant le nouveau maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, tout en critiquant la manière dont certains débats médiatiques et parlementaires sont menés.

Dans sa première interview depuis sa nomination, accordée à France Inter, Catherine Pégard a condamné les propos tenus sur CNews à l’encontre de l’édile, estimant qu’il était
"assez intolérable de penser qu’on puisse soutenir de tels propos contre quelqu’un qui vient d’être élu"
.
Sans qualifier CNews de chaîne d’extrême droite, la ministre a toutefois jugé que
"la liberté d’expression ne peut pas aller contre les règles du droit, contre les règles de la civilité, contre la courtoisie même"
.
Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez, s’était également dit, plus tôt dans la matinée,
"très choqué"
par ces propos, rappelant que
"la République française reconnaît tous ses enfants, quelle que soit leur origine"
.

"Différente"

Le maire de Saint-Denis-Pierrefitte, quant à lui, avait jugé
"scandaleux"
qu’il n’y ait eu
"aucune condamnation"
au plus haut sommet de l’État, estimant qu’il revenait à l’exécutif de
"porter la grandeur de ce qu’est la France (…)"
.

Interrogée sur la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, la ministre de la Culture a également exprimé ses réserves sur le climat de certains échanges.

"Il y a des moments où les bornes sont dépassées dans la manière de mener ces débats"
, a-t-elle déclaré, estimant que les invectives ne font
"ni gagner la démocratie ni le regard que l’on peut porter sur les uns et les autres"
.
La ministre, qui a succédé fin février à Rachida Dati, a par ailleurs pris ses distances avec sa prédécesseure en se disant
"différente"
, tout en jugeant qu’il ne fallait pas abandonner le projet de réforme de l’audiovisuel public visant à créer une holding autour de France Télévisions.
Catherine Pégard a aussi indiqué vouloir
"aménager"
le plan de rénovation du Louvre, évalué à plus d’un milliard d’euros, afin d’y intégrer davantage les enjeux de sûreté et de sécurité après le cambriolage survenu en octobre dernier. Elle a estimé que le projet "Louvre Nouvelle Renaissance", annoncé en 2025 par Emmanuel Macron, restait nécessaire, tout en devant être ajusté.

Restrictions budgétaires

"Nous allons travailler à aménager probablement certains aspects de ce plan (…) pour intégrer davantage les questions de sûreté et de sécurité"
, a-t-elle déclaré.

Le programme prévoit notamment la rénovation du bâtiment existant et l’aménagement d’un nouvel espace pour la Joconde.

La ministre a assuré vouloir faire de la sécurité
"une priorité"
, tout en préservant l’ambition du chantier, après un premier revers marqué par le report, en février, de la désignation des architectes chargés du réaménagement.
Catherine Pégard a également reconnu que son action serait contrainte par les restrictions budgétaires, après une baisse de 173,4 millions d’euros des crédits alloués à la Culture cette année, tout en affirmant vouloir
"sanctuariser"
le budget pour 2027.

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