Jean-Noël Barrot appelle à une "troisième voie" européenne face à la rivalité États-Unis–Chine

La rédaction avec
11:5911/03/2026, mercredi
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Le Ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, lors d'un entretien sur TF1, le 10 mars 2026.
Crédit Photo : Capture video / X
Le Ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, lors d'un entretien sur TF1, le 10 mars 2026.

Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a estimé que le monde entrait dans une phase de rivalité croissante entre les États-Unis et la Chine, appelant l’Europe à tracer une "troisième voie" afin d’éviter tout alignement automatique.

Il s’exprimait lors de son intervention dans l’émission "L’événement" sur France 2.

"Le monde qui est en train de se construire, c’est celui d’une rivalité croissante entre deux superpuissances, la superpuissance du XXe siècle, les États-Unis d’Amérique, et la superpuissance émergente, la Chine"
, a déclaré le ministre. Selon lui, cette compétition stratégique pourrait
"à un moment donné donner lieu à des conflits"
.
Dans ce contexte, le ministre a souligné que l’enjeu pour la France et ses partenaires européens dépassait les crises actuelles au Proche et au Moyen-Orient.
"L’important pour nous, au-delà de cette crise dramatique qui traverse le Proche et le Moyen-Orient, c’est, avec l’Europe, d’ouvrir une troisième voie pour éviter que nous nous trouvions entraînés dans un camp ou dans un autre"
, a-t-il affirmé.

Pressions des grandes puissances

Poursuivant son analyse, Jean-Noël Barrot a insisté sur la nécessité d’une autonomie stratégique européenne.
"Notre vision du monde et notre vision de nous-mêmes, c’est une France et une Europe fortes et indépendantes"
, a-t-il déclaré.
Le chef de la diplomatie française a également mis en garde contre les pressions exercées par les grandes puissances sur leurs partenaires internationaux.
"Une Europe forte est capable de résister à la tentation qui sera celle de ces deux grandes superpuissances d’emmener avec elles, dans leur rivalité et leur conflictualité, le plus grand nombre de pays possible"
, a-t-il conclu.

Cette intervention intervient dans un contexte de crise au Moyen-Orient. La crise a éclaté le 28 février après des frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran, qui ont entraîné la mort de plusieurs hauts responsables iraniens, dont le guide suprême Ali Khamenei. Téhéran a riposté en visant des cibles en Israël ainsi que dans plusieurs pays de la région abritant des bases américaines.


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