
Amnesty International France a appelé ce jeudi les dirigeants européens à suspendre l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, estimant qu’un maintien du texte ferait courir aux États membres le risque de devenir "complices" des "crimes de l’État d’Israël", dans une série de messages.
Cette prise de position intervient alors que la commission des Affaires européennes de l’Assemblée nationale française a rejeté une proposition de résolution demandant la suspension de l’accord UE-Israël, à l’issue d’échanges particulièrement tendus entre députés.
Accord UE-Israël signé en 1995
Elle a également accusé une partie de la commission de ne pas suivre la ligne défendue par l’exécutif français, avant d’évoquer la situation humanitaire à Gaza et au Liban dans des termes particulièrement virulents.
L’Union européenne demeure le premier partenaire commercial d’Israël. Selon la Commission européenne, près de 29 % des exportations israéliennes étaient destinées au marché européen en 2024, tandis que plus d’un tiers des importations israéliennes provenaient des Vingt-Sept.
Demande de l’Espagne, l’Irlande et la Slovénie
Le débat autour d’une éventuelle suspension de l’accord s’est intensifié depuis le début de la guerre à Gaza après les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 contre Israël.
Ces derniers mois, l’Espagne, l’Irlande et la Slovénie ont officiellement demandé un réexamen du texte, invoquant les opérations militaires israéliennes à Gaza, en Palestine occupée et au Liban.
La haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, a toutefois indiqué en avril qu’aucun consensus n’avait émergé parmi les États membres en faveur d’une suspension totale ou partielle du texte.
La Commission européenne a déjà évoqué une suspension partielle des préférences commerciales accordées à Israël, sans parvenir jusqu’ici à réunir le soutien nécessaire parmi les États membres, plusieurs capitales, dont Berlin et Rome, restant opposées à cette option.
Parallèlement, les Vingt-Sept poursuivent leurs discussions sur d’éventuelles sanctions ciblées contre des colons israéliens en Palestine occupée, un dossier longtemps bloqué par la Hongrie.











