
Vue des ruines d'une baleinière métallique naufragée sur le fleuve Congo, RD Congo, le 11 avril 2024.
Amnesty International, dans un rapport publié mardi, reproche aux autorités congolaises de ne pas faire le nécessaire pour garantir le respect des droits humains par les entreprises industrielles, pétrolières notamment.
Ce rapport, basé sur une enquête dans les départements de Pointe-Noire et du Kouilou, sur le littoral atlantique, analyse les conséquences de
"déversements de pétrole et d'émissions de fumées sur la santé et la situation socio-économique de communautés locales",
indique l'organisation de défense des droits humains.
Les déversements de pétrole ont été
"causés par les activités de deux entreprises pétrolières ayant affecté les sols et les sources d'eau",
précise-t-elle, en soulignant
"l'accès insuffisant aux soins de santé et à l'eau potable des personnes vivant à proximité de concessions pétrolières".
Une des entreprises est TotalEnergies EP Congo, filiale du groupe français TotalEnergies, qui a enregistré
"au moins trois incidents pétroliers de 1972 à 2011"
ayant causé
"des déversements de pétrole brut dans la lagune de Loubi".
La société
"maintient que les analyses de l'eau menées en 2021 n'ont révélé aucune anomalie",
précise le rapport, mais
"les résultats de ces tests n'ont pas été rendus publics".
L'autre entreprise pétrolière est la chinoise Wing Wah, que des habitants accusent de polluer le fleuve Loémé.
"Les activités de Wing Wah ont été suspendues à plusieurs reprises par le ministère de l'Environnement, puis ont repris sans aucune communication publique"
sur les mesures prises, assure l'ONG.
Les émissions de fumées sont quant à elles
"liées aux activités d'une entreprise de recyclage de plomb et d'aluminium"
, l'usine de Metssa Congo, filiale du groupe indien Metssa,
"située à 50 mètres d'une école"
, indique le rapport.
Selon Amnesty, des échantillons de sang prélevés en 2023 sur 18 personnes vivant près de l'usine
"ont révélé des concentrations de plomb nettement supérieures aux niveaux considérés comme sûrs".
Metssa Congo
"affirme avoir obtenu une licence pour le site en 2018 et un certificat de conformité l'année dernière, soit dix ans après le début de ses activités",
relève Amnesty.
"Les autorités congolaises et (ces) trois entreprises ont manqué à leurs obligations au regard des normes nationales et internationales concernant le droit à un environnement sain et d'autres droits humains",
estime l'ONG.
Le rapport déplore en outre
"le manque criant de transparence concernant les études d'impact sur l'environnement et les audits en la matière, qui ne sont pas rendus publics",
une
"opacité"
empêchant
"les ONG et la société civile de jouer efficacement leur rôle de surveillance".
Amnesty inclut dans son rapport les réactions de TotalEnergies EP Congo et de Metssa Congo, mais précise ne pas avoir reçu de réponse des autorités congolaises et de Wing Wah à ses sollicitations.
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