Ukraine : Timochenko saisit l'ONU sur des poursuites anticorruption

La rédaction avec
17:439/06/2026, الثلاثاء
AFP
L’ex-première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko
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L’ex-première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko

L'ancienne Première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko a saisi l'ONU pour dénoncer des violations des droits fondamentaux dans le cadre de poursuites pour corruption dirigées contre elle, ont annoncé mardi ses avocats à l'AFP.

Saisine de l'ONU et violations alléguées

Selon l'AFP, l'ancienne Première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko a saisi l'ONU pour dénoncer des violations des droits fondamentaux dont elle serait victime dans le cadre de poursuites pour corruption dirigées contre elle en Ukraine.

Ses avocats ont annoncé cette démarche mardi, précisant que leur cliente dénonçait des
"graves atteintes"
à ses droits dans cette procédure judiciaire.
Me François Zimeray, Jessica Finelle et Catalina de la Sota, conseils français de Mme Timochenko et spécialisés notamment dans les droits humains et les dossiers internationaux, ont adressé une communication à quatre rapporteurs spéciaux auprès du Haut commissariat aux droits de l'Homme à Genève.

Ils estiment que les poursuites en cours violent les règles les plus fondamentales du droit au procès équitable, ont-ils indiqué dans leur saisine.

Un procès politique dénoncé

Les avocats ont affirmé que Mme Timochenko incarne une voix majeure de l'opposition démocratique ukrainienne et qu'elle est à nouveau la cible de ce qui évoque un procès politique.

Ils ont souligné que si le soutien à l'Ukraine face à l'agression russe constitue une nécessité, ce soutien ne saurait toutefois justifier le silence face à des dérives judiciaires graves portant atteinte à l'État de droit.

Irrégularités procédurales

Par ailleurs, la défense a dénoncé plusieurs irrégularités dans la conduite de l'instruction à son encontre.

Elle a notamment indiqué n'avoir pu accéder à la version originale d'un enregistrement audio présenté comme une preuve centrale par l'accusation, ce qui constitue selon eux une violation des droits de la défense.

Parcours politique et contentieux antérieur

Figure historique de la
"révolution orange"
et deux fois Première ministre après 2005, Ioulia Timochenko avait déjà purgé une peine de trois ans de prison entre 2011 et 2014 pour
"abus de pouvoir".

Ces poursuites, engagées après sa défaite à l'élection présidentielle face au pro-russe Viktor Ianoukovitch, avaient été dénoncées par l'opposition ukrainienne et les Occidentaux comme une vengeance politique.

Opposante au président Volodymyr Zelensky, Mme Timochenko fait aujourd'hui à nouveau l'objet d'une procédure judiciaire à l'âge de 65 ans. Elle est accusée d'avoir discuté avec un autre parlementaire des modalités d'un système d'achat de votes évoquant des paiements mensuels de 10 000 dollars.

Réfutation des accusations

Mme Timochenko a catégoriquement rejeté ces accusations et dénoncé un
"contrat d'élimination politique"
. Devant le tribunal en janvier, elle avait qualifié les faits reprochés de "provocation", accusant l'Agence anticorruption ukrainienne (Nabu) d'avoir exécuté un ordre politique spécifiquement destiné à la discréditer.

Pour rappel, Ioulia Timochenko demeure une figure centrale de la vie politique ukrainienne depuis la fin des années 1990, ayant occupé à deux reprises le poste de Première ministre et été candidate à la présidence à plusieurs reprises.


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