Polémique autour de Francesca Albanese: des députés Renaissance demandent son départ sur fond de citation contestée

La rédaction avec
10:3712/02/2026, Perşembe
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Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés, participant au Forum de Doha au Qatar le 7 décembre 2025.
Crédit Photo : HUSSEIN BAYDOUN / MOFA / FACTSTORY
Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés, participant au Forum de Doha au Qatar le 7 décembre 2025.

Des députés du groupe Renaissance ont demandé au chef de la diplomatie française d’intervenir afin d’obtenir le départ de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens, en se fondant sur une phrase qu’elle affirme n’avoir jamais prononcée.

Dans un courrier rendu public mardi 10 février et adressé au ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, une quarantaine de parlementaires accusent la diplomate d’avoir qualifié Israël d’
"ennemi commun de l’humanité"
lors d’un forum organisé le 7 février par la chaîne d’information qatarie Al-Jazeera, à Doha.
Parmi les signataires figurent notamment Caroline Yadan, à l’origine d’une proposition de loi visant à lutter contre les
"formes renouvelées de l’antisémitisme"
, critiquée par une partie de la classe politique pour
"resserrer dangereusement le cadre du débat public"
, ainsi qu’Olivia Grégoire, Sylvain Maillard et l’ancienne Première ministre Élisabeth Borne.
Toutefois, la formulation citée dans le courrier ne correspond pas aux propos exacts tenus par la rapporteuse lors de son intervention, ce qui fragilise la démarche des élus.

Manipulation des propos

Lors de la séance des Questions au gouvernement, le ministre des Affaires étrangères a repris les accusations visant la diplomate.
"La France condamne sans aucune réserve les propos outranciers et coupables de Madame Albanese"
, a déclaré Jean-Noël Barrot devant les députés, semblant valider la lecture faite par les parlementaires.
De son côté, visée ces derniers jours sur les réseaux sociaux, Francesca Albanese a publié l’intégralité de son discours afin de répondre aux accusations et d’en préciser le contexte. Dans le passage incriminé, elle affirme :
"Nous voyons maintenant que l’humanité a un ennemi commun, et que le respect des libertés fondamentales est la dernière voie pacifique (…) pour recouvrer notre liberté".
Dans un message accompagnant la vidéo, diffusée mardi sur la plateforme X, la diplomate précise que
"l’ennemi commun de l’humanité est le système qui a permis le génocide en Palestine"
, évoquant
"le capital financier"
,
"les algorithmes"
et
"les armes"
qui, selon elle, rendent cette situation possible.
Malgré ces éclaircissements, les parlementaires ont maintenu leur initiative et rendu public leur courrier. La rapporteuse onusienne a dénoncé des accusations infondées et invité ses détracteurs à produire une citation précise dans laquelle elle aurait qualifié Israël d’
"ennemi de l’humanité"
.

Cette nouvelle controverse illustre la sensibilité persistante du débat politique en France autour des prises de position de responsables onusiens sur le conflit israélo-palestinien.


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