Espagne : vaste régularisation de près d’un demi-million de sans-papiers

La rédaction avec
16:2814/04/2026, mardi
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Selon le ministère de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, environ 500 000 personnes devraient remplir les critères d’éligibilité.
Crédit Photo : @InfoMigrants / X
Selon le ministère de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, environ 500 000 personnes devraient remplir les critères d’éligibilité.

L’Espagne a officiellement lancé mardi un vaste plan de régularisation exceptionnelle des personnes en situation irrégulière, qui pourrait bénéficier à près d’un demi-million de migrants, a annoncé le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez.

Ce processus, approuvé par décret royal en janvier et publié au Journal officiel, ouvre un guichet de dépôt des demandes du 14 avril au 30 juin 2026. Il vise à accorder un permis de séjour et de travail d’un an, renouvelable, valable sur tout le territoire et dans tous les secteurs d’activité.

Selon le ministère de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, environ 500 000 personnes devraient remplir les critères d’éligibilité.

Pour en bénéficier, les candidats doivent prouver une résidence continue d’au moins cinq mois en Espagne avant le 31 décembre 2025 et ne pas avoir d’antécédents pénaux.

Les demandeurs d’asile ayant déposé une requête avant cette date sont également concernés.

La mesure, portée à l’origine par une initiative législative populaire soutenue par plus de 700 000 signatures et de nombreuses organisations (syndicats, Église catholique, ONG), répond à la fois à des considérations humanitaires et économiques.

L'Espagne fait mieux que le reste de l'Europe

Le gouvernement met en avant le rôle des travailleurs migrants dans des secteurs en tension (agriculture, hôtellerie, soins aux personnes âgées) et la nécessité de soutenir le système de protection sociale face au vieillissement démographique.

Cette initiative place l’Espagne à contre-courant de la tendance observée dans le reste de l’Union européenne.
Alors que Bruxelles accélère les retours avec un nouveau règlement
"retour"
et la création de
"hubs de retour"
dans des pays tiers, la plupart des États membres durcissent leur politique migratoire.

La France a restreint les régularisations au cas par cas et allongé les délais de présence requis.

Les réserves de commission européenne

L’Italie privilégie les quotas d’entrée légale via les décrets-flux plutôt qu’une amnistie massive des personnes déjà présentes.

L’Allemagne a clos ses fenêtres limitées de régularisation et renforce les expulsions.

La Commission européenne a exprimé des réserves sur le plan espagnol, craignant des effets sur l’espace Schengen, même si la décision relève de la compétence nationale.

L’opposition de droite (Parti populaire) et l’extrême droite (Vox) ont vivement critiqué cette initiative, qu’ils jugent trop permissive.

Le gouvernement a choisi la voie du décret royal pour contourner un éventuel blocage parlementaire.


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