La stratégie de l’État

09:2331/03/2026, mardi
MAJ: 31/03/2026, mardi
Ali Saydam

Le secret de la réussite en relations internationales ne réside pas dans des amitiés ou des inimitiés durables, mais dans des intérêts permanents et dans une intelligence d’État lucide capable de les préserver. Depuis des années, nous tentons, dans cette chronique, d’expliquer la capacité de manœuvre de la Türkiye en politique étrangère, ses initiatives visionnaires et la stratégie profonde qui sous-tend le slogan "Le monde est plus grand que cinq". Y a-t-il des opposants ? Bien sûr. Mais les faits

Le secret de la réussite en relations internationales ne réside pas dans des amitiés ou des inimitiés durables, mais dans des intérêts permanents et dans une intelligence d’État lucide capable de les préserver.


Depuis des années, nous tentons, dans cette chronique, d’expliquer la capacité de manœuvre de la Türkiye en politique étrangère, ses initiatives visionnaires et la stratégie profonde qui sous-tend le slogan
"Le monde est plus grand que cinq".
Y a-t-il des opposants ? Bien sûr. Mais les faits finissent toujours par s’imposer, et même les critiques les plus virulents sont contraints de reconnaître la réalité.

Il existe une belle parole de chanson :
"Aimer ne signifie pas être d’accord".
De la même manière qu’on n’est pas obligé d’aimer tous ceux avec qui l’on est d’accord, on n’est pas non plus obligé d’être d’accord avec tous ceux que l’on apprécie. Nous apprécions également notre confrère Fatih Altaylı, même si nous ne partageons pas ses positions sur de nombreux sujets.

Altaylı est l’un des chroniqueurs qui, tout au long de sa carrière, a adressé les critiques les plus sévères au pouvoir de l’AK Parti et à Recep Tayyip Erdoğan. Pourtant, à ce stade, même lui ne peut cacher son appréciation.

Il déclare :
"Je pense que la politique de la Türkiye vis-à-vis de l’Iran est extrêmement juste et qu’il est dans l’intérêt du pays comme de la région de la poursuivre ainsi. Aujourd’hui, la Türkiye parle quand elle doit parler et se tait quand elle doit se taire. Elle adopte une position parfaitement juste."

Cette politique, que de nombreux opposants jugent désormais d’une justesse difficilement contestable, est en réalité le fruit de la vision de politique étrangère
"nationale et souveraine"
patiemment construite par le président Erdoğan au fil des années. Elle constitue l’expression concrète d’une stratégie d’indépendance nationale, d’une vision et d’une intelligence d’État.

Un peu plus loin, le président Recep Tayyip Erdoğan explique lui-même le fondement de cette posture :


Türkiye fait partie des rares pays capables de dire ce qui est juste quand c’est juste, et ce qui est faux quand c’est faux. Depuis le premier jour, elle s’est distinguée comme l’un des États ayant su lire et analyser correctement ce processus qui a plongé notre région dans l’odeur du sang et de la poudre.


Il souligne ainsi le caractère équilibré et rationnel de cette politique, également relevé par Altaylı. La Türkiye ne tombe pas dans les pièges qui lui sont tendus, elle les déjoue. Elle refuse l’enlisement d’une guerre d’usure, perçoit les risques pesant sur le détroit d’Ormuz, l’impact sur les prix du Brent et les conséquences pour l’économie mondiale. Et surtout, elle s’oppose à ce que le monde paie le prix de la
"guerre de survie politique de Netanyahu".

Une posture d’équilibre assumée


Qu’est-ce qui fait de la Türkiye un acteur aussi fiable et un médiateur incontournable ?


La réponse se trouve dans ces mots du président :
"Nous sommes déterminés à maintenir notre pays en dehors de ce cercle de feu. Nous ne voulons en aucun cas que la guerre se transforme en un conflit d’usure entre les pays de la région."

La Türkiye n’alimente pas l’incendie, elle tente de l’éteindre. Elle ne s’associe ni au soutien inconditionnel accordé à Israël, ni à une posture aveuglément alignée sur l’Iran. Elle se positionne du côté de la justice, de la paix et de la stabilité.

Une stratégie construite sur le long terme


Le constat d’une figure critique évoquant
"l’utilisation juste du réseau de relations construit par le président Erdoğan en 23 ans"
souligne en réalité l’ampleur du travail accompli. Ces liens constituent aujourd’hui l’un des piliers de la stabilité dans notre région.

C’est cela, être un acteur structurant.
C’est cela, l’art de gouverner.
Et oui, c’est une réussite que certains peinent encore à admettre, mais qu’Erdoğan a transformée en réalité.
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