Crédit Photo : LUDOVIC MARIN / AFP
Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko (à gauche), est applaudi par ses partisans aux côtés du maire délégué de Pierrefitte, Farid Aid (à droite), à l'issue de la première séance du conseil municipal nouvellement élu de Saint-Denis, en banlieue parisienne, le 21 mars 2026.
Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez, s’est dit lundi "très choqué" par les propos tenus à l’encontre du maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, dénonçant un "dérapage" qu’il a jugé "inacceptable".
Au micro de la radio française RTL, Laurent Nunez a rappelé que
"la République française reconnaît tous ses enfants, quelle que soit leur origine"
, insistant sur le fait que les citoyens ne doivent être jugés qu'
"au regard de ce qu’ils disent, de ce qu’ils font, et du respect ou non des principes de la République".
"Il n’y a pas une nouvelle France et il n’y a pas non plus une France qui va disparaître"
, a-t-il déclaré, fustigeant
"deux positions complètement antagonistes"
dans le débat public.
Le ministre a également défendu l’idée d
’"une France de cohésion nationale"
, reconnaissant toutefois que
"vivre ensemble est compliqué en ce moment"
.
"Mon rôle, comme ministre de l’Intérieur, c’est aussi de réparer tout ça et de faire en sorte que tout le monde puisse vivre ensemble"
, a-t-il affirmé, avant de réitérer son soutien à Bally Bagayoko :
On ne peut pas avoir ce genre de dérapage. C’est inacceptable.
Ces déclarations n’auront pas suffi pour convaincre le principal concerné. Invité de France Inter lundi matin, dans la foulée de l’intervention du ministre, Bally Bagayoko a dénoncé l’absence de condamnation de la part de l’Élysée après les propos jugés racistes tenus sur la chaîne CNews.
Le maire de Saint-Denis-Pierrefitte a jugé
qu’il n’y ait eu
au plus haut sommet de l’État, estimant qu’il revenait à l’exécutif de
"porter la grandeur de ce qu’est la France, qui a toujours été première de cordée contre les propos racistes"
.
Élu dès le premier tour des municipales à Saint-Denis-Pierrefitte (Seine-Saint-Denis) face au maire sortant PS Mathieu Hanotin, offrant ainsi à La France insoumise sa plus grande ville, Bally Bagayoko est la cible de plusieurs attaques jugées racistes.
Vendredi 27 mars, sur le plateau de CNews, Jean Doridot a déclaré :
"C’est important de rappeler que l’Homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes. Et par conséquent, dans toute collectivité, dans toute tribu (…) il y a un chef qui a pour mission d’installer son autorité".
"Rassemblement citoyen" contre le racisme
Le lendemain, le philosophe Michel Onfray a évoqué l’attitude de
de Bally Bagayoko, ajoutant qu’elle était
.
En réaction, la cheffe des députés LFI, Mathilde Panot, a annoncé la saisine de l’Arcom, le régulateur français de l’audiovisuel et du numérique.
Dans ce contexte, Bally Bagayoko a annoncé dimanche soir l’organisation d’un grand
contre le racisme et les discriminations, prévu samedi sur le parvis de l’hôtel de ville.
"Il faut absolument qu’on soit conscients du fait que l’extrême droite ne cesse de se propager et qu’aujourd’hui, la situation est à un tel niveau qu’il nous faut absolument un sursaut"
, a-t-il déclaré.
"Nous ne laisserons pas faire".
Cette prise de position de Laurent Nunez intervient dans un climat de vive controverse, sur fond de tensions récurrentes en France autour des questions d’identité, de cohésion nationale et de discrimination.
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