
L'exécutif communautaire a présenté des mesures contraignantes visant à forcer le géant américain à intégrer des assistants d'intelligence artificielle tiers dans son système mobile. Ces propositions, issues du règlement sur les marchés numériques, visent à briser les barrières qui protègent actuellement les outils propriétaires de Google. Une consultation publique précède une décision définitive attendue pour le mois de juillet.
Les orientations préconisées cherchent à assurer que les assistants virtuels développés par des acteurs tiers puissent communiquer avec les applications présentes sur les terminaux équipés d'Android et exécuter des fonctions essentielles.
Selon les précisions fournies par les autorités communautaires, les outils d'intelligence artificielle concurrents devraient pouvoir effectuer des tâches variées allant de l'envoi de messages électroniques à la commande de services en ligne, en passant par le partage de contenus multimédias.
La défense de Mountain View
Le groupe de Mountain View a vigoureusement contesté ces orientations réglementaires, arguant que son écosystème mobile permet déjà une concurrence effective à travers les partenariats établis avec les fabricants d'appareils.
Clare Kelly, porte-parole de l'entreprise, a formulé des réserves sérieuses concernant l'impact de ces mesures sur la sécurité des utilisateurs. Elle a notamment mis en garde contre les risques potentiels liés à l'accès obligatoire à des données et composants jugés sensibles au sein de l'architecture du système d'exploitation.
Ces contraintes pourraient par ailleurs générer des coûts supplémentaires significatifs pour l'ensemble des acteurs de la chaîne de valeur mobile.
Un cadre réglementaire strict
Ces propositions s'inscrivent dans une procédure engagée dès le mois de janvier par le régulateur européen afin de s'assurer du respect effectif du DMA.
Cette législation majeure vise à prévenir les abus de position dominante et à garantir des marchés numériques équitables et contestables. Il s'agit d'une étape cruciale dans la définition des règles applicables aux géants de la technologie opérant sur le continent.
Dans ce contexte de supervision renforcée, les autorités de Bruxelles avaient déjà présenté au mois d'avril d'autres mesures visant à encadrer les activités du moteur de recherche dominant du groupe américain, notamment en matière de partage et d'utilisation des données.
Cette approche globale illustre la détermination européenne à structurer un environnement numérique où les avantages concurrentiels acquis ne se transforment pas en barrières insurmontables pour les nouveaux entrants.
Calendrier et implications majeures
Une consultation publique est actuellement ouverte afin de recueillir les observations des parties prenantes concernées. Les contributions seront acceptées jusqu'au 13 mai prochain, date à laquelle l'exercice de consultation prendra fin.
Ce règlement de pratiques commerciales représente un enjeu considérable pour l'équilibre concurrentiel du secteur numérique en Europe.
La décision finale influencera profondément la manière dont les systèmes d'exploitation mobiles intègrent les innovations en matière d'intelligence artificielle et déterminera les modalités d'interaction entre les différents niveaux de services dans l'économie des plateformes. Les conséquences de cette régulation dépasseront largement le seul cas de Google pour établir des précédents juridiques majeurs.











