France : 43% des agriculteurs gagnent moins que le SMIC révèle étude

La rédaction avec
10:2028/04/2026, الثلاثاء
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Cette situation précaire touche plus d'un professionnel sur deux lorsqu'on considère le salaire moyen national.
Crédit Photo : KENT NISHIMURA / AFP
Cette situation précaire touche plus d'un professionnel sur deux lorsqu'on considère le salaire moyen national.

Une étude de Max Havelaar France révèle que près de la moitié des exploitants agricoles hexagonais perçoivent des revenus inférieurs au salaire minimum. Basée sur des données officielles de l'Insee, cette analyse met en lumière un déficit cumulé de plusieurs milliards d'euros annuels pour garantir des rémunérations dignes, alors que le projet de loi d'urgence agricole doit être examiné par les députés en mai prochain.

Des revenus en dessous du seuil de pauvreté

Les comptes ne sont pas bons pour une majorité d'exploitants travaillant la terre en France. Selon les travaux de l'Observatoire de la rémunération agricole équitable de Max Havelaar France,
43% des agriculteurs
peinent à atteindre la barre des 1 450 euros nets mensuels, équivalent au salaire minimum de croissance (SMIC). Cette situation précaire touche plus d'un professionnel sur deux lorsqu'on considère le salaire moyen national.
Les chiffres révèlent une crise structurelle : durant les dix dernières années, il aurait fallu injecter 3,3 milliards d'euros chaque année pour élever l'ensemble des revenus agricoles au niveau du SMIC.

Cette pénurie financière s'est encore creusée pour atteindre 4,7 milliards d'euros annuels sur la période récente, un montant qualifié d'inédit par les experts.

Disparités accablantes selon les productions

La crise ne frappe pas uniformément l'ensemble des secteurs. Les cultivateurs de blé, de pois chiches ou de colza subissent le plus fort taux de précarité, avec
53% d'entre eux rémunérés sous le minimum vital
. Les éleveurs bovins suivent de près à 52%, tandis que les ovins et caprins affichent un taux de 51%.
Seule la viticulture résiste mieux à cette dégringolade, bien que 38% des viticulteurs peinent également à dégager un revenu décent.
"Quand vous achetez un kilo de viande, de riz ou de blé, vous vous nourrissez à un prix qui ne paie pas celui qui l'a produit"
, dénonce Blaise Desbordes, directeur général de l'organisation Max Havelaar France, interrogé par la chaîne franceinfo.

Fractures géographiques et échec des réformes

L'Hexagone présente des inégalités territoriales prononcées. Les exploitations d'Occitanie, de Nouvelle-Aquitaine et de Corse affichent les bilans les plus fragiles, conséquence de structures foncières et de marchés locaux défavorables. Ces régions concentrent les situations les plus critiques du paysage agricole français.

Les mécanismes instaurés par les lois Egalim, censés équilibrer les relations commerciales, peinent à inverser la tendance. L'association considère ces textes insuffisants pour assurer des gains viables à long terme pour les producteurs.

Vers une régulation forcée des prix?

Alors que l'Assemblée nationale prépare l'examen d'un projet de loi d'urgence agricole pour le mois de mai, les défenseurs de l'équité salariale réclament des mesures contraignantes.

L'organisation de commerce équitable plaide pour l'instauration de prix planchers obligatoires, garantissant une rémunération juste indépendamment des fluctuations boursières.

Cette proposition vise à rompre avec un système où la valeur ajoutée échappe aux travailleurs des champs au profit des intermédiaires commerciaux. Les législateurs devront arbitrer entre la libre concurrence européenne et la sauvegarde d'une activité vitale pour la souveraineté alimentaire de la nation.


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