Le Parlement européen approuve la création de "hubs de retour"

La rédaction avec
16:4426/03/2026, Perşembe
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Ces mesures, très critiquées par la gauche suscitent en outre l'indignation dans les rangs des ONG.
Crédit Photo : @MarinaMesure / X
Ces mesures, très critiquées par la gauche suscitent en outre l'indignation dans les rangs des ONG.

Le Parlement européen a approuvé jeudi la mise en place de "hubs de retour", des centres destinés à accueillir des migrants dans des pays situés en dehors de l’Union européenne (UE), avec l’objectif d’y transférer et éventuellement y détenir les personnes dont la demande d’asile a été rejetée.

Le texte, porté par des eurodéputés de droite et d’extrême droite et soutenu par une majorité de pays membres, vise à renforcer l’efficacité des expulsions. Aujourd’hui, seulement 20 % des décisions d’expulsion au sein de l’UE sont effectivement appliquées, selon les autorités européennes.

La proposition prévoit également des mesures plus strictes pour les déboutés d’asile refusant de quitter le territoire, incluant la confiscation de documents d’identité, des détentions temporaires et des interdictions d’entrée prolongées.

Elle introduit aussi la reconnaissance mutuelle des décisions nationales, permettant par exemple qu’une décision prise en France s’applique en Espagne et vice-versa.

"Recul historique des droits des réfugiés"

Ces mesures, très critiquées par la gauche suscitent en outre l'indignation dans les rangs des ONG. Marta Welander, de l’ONG International Rescue Committee, citée par le journal français Libération, avait qualifié ce vote, avant même son approbation, de
"recul historique des droits des réfugiés"
, dénonçant le risque de détention de personnes vulnérables, y compris des enfants.
"De quelle Europe voulons-nous ? Celle du rejet, de la haine ou de l’enfermement ?"
, interroge également l’eurodéputée écologiste Mélissa Camara.
L’idée de hubs pour migrants n’est pas nouvelle; des expériences ont été tentées par l’Italie en Albanie et par le Royaume-Uni au Rwanda, mais elles ont été limitées ou abandonnées pour des raisons judiciaires.

Actuellement, un groupe d’États membres (Danemark, Autriche, Grèce, Allemagne et Pays-Bas) examine ces modèles afin d’évaluer leur faisabilité et pourrait lancer des projets pilotes d’ici la fin de l’année.

D’autres pays, comme la France et l’Espagne, restent sceptiques sur l’efficacité de ces centres et se tiennent pour l’instant à l’écart des discussions.


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