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Attentat de Paris: le gouvernement accusé de "défaillance politique"

Interpellé mardi à l’Assemblée nationale, après des accusations de "défaillance politique" le ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a défendu le travail de ses services dans le suivi de l’auteur de l’attentat survenu à Paris samedi soir.

La rédaction
09:43 - 6/12/2023 mercredi
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La présidente du parti RN, Marine Le Pen, lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris, le 5 décembre 2023.
Crédit Photo : MIGUEL MEDINA / AFP
La présidente du parti RN, Marine Le Pen, lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris, le 5 décembre 2023.
"Il y a dans cet attentat islamiste plusieurs questions qui se posent: avons-nous tous les moyens de suivi judiciaire après la condamnation en 2016 (de l’assaillant) et une peine qui a été intégralement effectuée ? Nous le pensons",
a-t-il plaidé à la tribune du Palais Bourbon en réponse à une question de la députée Fanta Berete (majorité présidentielle).

Évoquant ensuite la question du
"suivi psychiatrique"
de l’auteur de cette attaque qui a fait un mort et deux blessés, il assure que le ministre de la Santé a décidé
"de mettre dans tous les groupements autour des Préfets, des psychiatres et des médecins qui aident la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure)".

Gérald Darmanin affirme, par ailleurs, qu’aucune
"question n’est taboue pour la sécurité"
des Français et
"que la menace islamiste touche partout dans le monde (…) sur tous les territoires européens, occidentaux et internationaux".

Il en a profité pour viser le groupe RN (Rassemblement national), qui n’a pas voté la loi dite contre le séparatisme adoptée en 2021. Et de lancer:


Quand je vois que des gens nous combattent sur ce point et ne votent pas la loi séparatisme, je me dis que des gens cherchent à nous diviser et plutôt à gagner des élections qu’à faire gagner la France.

Interpellée dans les mêmes conditions par le député de droite Olivier Marleix, la Première ministre Élisabeth Borne a quant à elle reconnu ne pas se
"satisfaire que cette personne qui a fait l'objet d'un suivi judiciaire, d'un suivi administratif, qui était suivie par nos services de renseignement (...) soit passée à l'acte"
.

Elle a, néanmoins, souligné que cet attentat n’était pas en lien avec la politique migratoire de la France puisque l'auteur de l'attaque de Paris
"était Français".

Au cours de sa prise de parole, la députée RN, Marine Le Pen, a enfoncé le clou, accusant à demi-mot le gouvernement d’un certain laxisme en matière de lutte antiterroriste.


"À chaque attaque, les mêmes questions: on découvre un auteur connu, repéré, surveillé, et les Français déplorent que rien n'a été fait pour le neutraliser"
, a-t-elle relaté avant d’être taclée par la cheffe du gouvernement qui l’a accusée de se précipiter
"dans le seul but de polémiquer".

Pour rappel, samedi soir, peu après 21h (heure locale), l’auteur de l’attaque, Armand Rajabpour-Miyandoab, a agressé au couteau un touriste germano-philippin qui a succombé à ses blessures, avant de s’en prendre à ses autres victimes à coups de marteau, aux abords du Quai de Grenelle, situé dans le XVe arrondissement de la capitale française, non loin de la Tour Eiffel.


Il a ensuite été interpellé grâce à l’intervention rapide des forces de l’ordre qui ont fait usage d’un Taser pour l’appréhender.


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