Le Japon vers une réforme constitutionnelle et militaire majeure

La rédaction
12:3110/02/2026, Salı
AA
Après la victoire écrasante du PLD, le ministre de la Défense Shinjiro Koizumi appelle à modifier l’article 9 pour lever les restrictions héritées de l’après-guerre.
Crédit Photo : X /
Après la victoire écrasante du PLD, le ministre de la Défense Shinjiro Koizumi appelle à modifier l’article 9 pour lever les restrictions héritées de l’après-guerre.

Le Japon pourrait s’engager dans l’un des tournants politiques les plus importants de son histoire contemporaine.

À la suite des élections législatives anticipées, remportées largement par le Parti libéral-démocrate (PLD), les appels à une révision rapide de la Constitution se multiplient, avec en ligne de mire le statut des forces armées.


Le ministre de la Défense Shinjiro Koizumi a plaidé pour une réforme globale à mener
"rapidement"
, évoquant explicitement la nécessité de lever les limitations juridiques datant de la Seconde Guerre mondiale qui encadrent la capacité du pays à disposer d’une armée permanente.

L’article 9 au cœur du débat



Au centre des discussions figure l’article 9 de la Constitution, pilier du pacifisme japonais d’après-guerre. Cette disposition interdit au pays de déclarer la guerre et de maintenir des forces dotées d’un potentiel offensif classique.

Pour les partisans du changement, cette contrainte n’est plus adaptée à l’environnement sécuritaire régional marqué par la montée des tensions en Asie de l’Est et par l’affirmation militaire de puissances voisines.


Koizumi a ainsi appelé à supprimer l’interdiction héritée du passé afin de permettre au Japon de normaliser pleinement ses capacités de défense.

Une majorité historique pour agir


Le résultat du scrutin ouvre une fenêtre politique rare. Le PLD, avec son partenaire de coalition, le Japan Innovation Party (JIP), a obtenu 354 sièges sur les 465 que compte la Chambre des représentants, selon l’agence Kyodo.


Le PLD devient ainsi le premier parti de l’ère d’après-guerre à dépasser seul le seuil stratégique des deux tiers, fixé à 310 sièges. Cette configuration permet au gouvernement d’engager un processus de révision constitutionnelle et de faire adopter des textes même en cas de rejet par la Chambre des conseillers, où la coalition reste minoritaire.

La Première ministre Sanae Takaichi, en poste depuis octobre, a souligné le poids de cette victoire.
"Nous portons une responsabilité extrêmement lourde pour mettre en œuvre de manière constante les engagements pris pendant la campagne"
, a-t-elle déclaré à la chaîne publique NHK.

Opposition affaiblie


Les partis d’opposition ont subi un revers majeur. Ensemble, ils ne disposent plus que de 111 sièges, contre 230 auparavant. L’Alliance réformiste centriste, principale force rivale nouvellement constituée, voit sa représentation chuter brutalement, poussant ses dirigeants à envisager leur départ.

Dans le même temps, certaines formations plus petites progressent. Le parti populiste Sanseito, connu pour son slogan
"Japan First"
, augmente nettement sa présence, tandis que Team Mirai fait son entrée à la chambre basse.

La participation électorale a dépassé légèrement 56 %, en hausse par rapport au précédent scrutin.

Vers une redéfinition stratégique


Avec une telle majorité, le gouvernement dispose désormais des moyens politiques pour accélérer les discussions sur la transformation du cadre sécuritaire du pays. Une modification de l’article 9 constituerait une rupture majeure avec l’ordre établi sous l’occupation américaine après 1945 et redessinerait en profondeur la doctrine de défense japonaise.


Les débats à venir devraient porter autant sur les implications militaires que sur les conséquences diplomatiques et sociétales d’un tel changement.


À lire également:




#elections
#Japan
#LDP
#Liberal Democratic Party
#Sanae Takaichi
#Japon
#réforme constitutionnelle
#article 9
#Shinjiro Koizumi
#PLD
#armée japonaise
#élections législatives
#défense
#politique japonaise
#défense nationale
#pacifisme japonais
#parti libéral-démocrate
#chambre des représentants
#sécurité régionale
#asie de lest
#japan innovation party
#forces armées japonaises
#jip