Le ministre américain des Affaires étrangères, Rubio, a clairement déclaré : "Nous avons atteint nos objectifs. L'opération Epic Rage est terminée." Une déclaration qui, sous une forme ou une autre, est passée inaperçue. C’est en fait une annonce majeure : la guerre États-Unis/Israël-Iran est terminée. Rubio a poursuivi en disant : "Nous avons maintenant lancé l'Opération Liberté. Nous devons faire quelque chose pour ouvrir un passage à détroit d'Ormuz." Ce à quoi il faisait référence était la nouvelle
Le ministre américain des Affaires étrangères, Rubio, a clairement déclaré :
"Nous avons atteint nos objectifs. L'opération Epic Rage est terminée."
Une déclaration qui, sous une forme ou une autre, est passée inaperçue.
C’est en fait une annonce majeure : la guerre États-Unis/Israël-Iran est terminée. Rubio a poursuivi en disant :
"Nous avons maintenant lancé l'Opération Liberté. Nous devons faire quelque chose pour ouvrir un passage à détroit d'Ormuz."
Ce à quoi il faisait référence était la nouvelle initiative de Trump concernant le détroit d'Ormuz. Trump, en tenant l'angle vital d'Ormuz, tentait de rompre le blocus de Téhéran. Cependant, seulement trois heures après la déclaration de Rubio, le président américain annonçait la suspension de cette opération. Un virage à 180 degrés. Quelle en est la raison ? Que signifie réellement
? C’est ce que nous allons explorer.
Suivant attentivement la guerre depuis le début, je tente d’analyser les coulisses à travers des informations provenant de sources ouvertes. À ce stade, deux grandes lignes d’évolution émergent. D’un côté, il y a la table… c’est-à-dire la diplomatie qui fonctionne. De l’autre côté, il y a le terrain. Les États-Unis maintiennent l’élément de conflit pour renforcer sa présence à la table des négociations. Le processus est dynamique, un pendule entre la diplomatie et les tensions militaires.
La manœuvre israélienne dans les airs ne passe pas inaperçue
Dans mon dernier article, j'évoquais le fait que
"les informations venant de la table ne sont pas très optimistes"
(5 mai). Cela était dû au fait que les États-Unis préparaient un mouvement pour forcer l'Iran à venir à la table. Trump est sous pression temporelle. Avec les élections qui approchent, il veut réduire au plus vite, et de préférence avant sa visite en Chine, les tensions qui affectent directement les électeurs américains (Une pression similaire existe aussi en Iran, avec des réservoirs presque pleins à cause du blocage du détroit d'Ormuz, empêchant l’exportation du pétrole). C’est pour cela qu’il a annoncé
Une information non rapportée au public était que l'Israël avait commencé des manœuvres aériennes avec des dizaines d'avions dans l’espace aérien de certains pays de la région. Ces manœuvres rappellent celles que l'on a vues avant de vastes attaques militaires contre l'Iran.
Ultimatum du prince héritier, avertissements des pays de la région
Si Trump avait réussi à forcer la situation, il aurait alors réduit l’espace d’action de l'Iran. Mais Trump a rapidement abandonné cette initiative (l’effet de dissuasion de Trump semble faiblir). Un rapport très révélateur de NBC met en lumière la principale raison de ce revirement. Selon ce rapport, Trump n’avait pas informé les pays du Golfe. L’Arabie Saoudite aurait dit aux États-Unis :
"Tu ne peux pas utiliser mes bases, ni voler dans mon espace aérien."
La conversation avec le prince héritier Salman n'a pas résolu la situation non plus. Les pays de la région, qui tentaient de résoudre la crise, auraient envoyé le message suivant aux États-Unis :
"Cette décision pourrait faire sortir la crise de son contrôle."
Où en sont les négociations ?
Si nous revenons à la table des négociations, examinons à nouveau les points discutés. Vous avez pu lire les premiers détails sur ces négociations dans cet espace (voir : "Détails du projet d'accord USA-Iran", 21 avril). Pour résumer :
Un accord presque complet avait été trouvé sur les questions nucléaires à hauteur de 80 %.
L’Iran avait accepté d’envoyer les 460 kg d'uranium enrichi à 60 % qu’il détenait, vers un autre pays.
Quant au moment où l’Iran pourrait recommencer l’enrichissement, les États-Unis proposaient un délai de 20 ans, tandis que l'Iran suggérait 5 ans. Téhéran avait aussi affirmé :
"Nos installations nucléaires ont été endommagées. Même si nous le voulions aujourd’hui, nous ne pourrions pas recommencer avant 10 ans."
C’est pourquoi Téhéran disait :
"Nous pourrons recommencer une fois que l'AIEA aura donné son feu vert"
, en discutant des options de délais de 10, 12 ou 15 ans.
Nouvelles évolutions à la table des négociations
Les événements des deux dernières semaines ont influencé l’issue de cette
"période de tension intermédiaire".
La question de l’ouverture du détroit d'Ormuz. Les États-Unis ont annoncé qu’ils maintiendraient Hürmüz fermé comme un levier de pression, jusqu’à la signature finale des accords. De son côté, l’Iran insistait pour l’ouverture de ce détroit, exigeant en échange un changement de statut quo pour pouvoir en tirer des revenus. Pendant les négociations, à mesure que la confiance augmentait, la solution qui émergeait était celle d'une ouverture progressive de Hürmüz, sans changement de statut quo.
Le point mis en avant
Au début de la crise, Istanbul était apparue comme un lieu de négociation. La diplomatie turque avait proposé :
"Les États-Unis et l’Iran peuvent discuter de la question nucléaire. Nous, en tant que pays de la région, nous parlerons des autres sujets qui concernent notre région."
Les délégations des États-Unis et de l’Iran avaient accepté cette proposition. Cependant, l’option Istanbul a été bloquée par le leader religieux – le guide suprême – Khamenei. Les négociations entre les États-Unis et l’Iran ont donc été déplacées à Oman.
La méthode d'Istanbul est une méthodologie de négociation. Cette méthodologie privilégie la résolution des problèmes régionaux par les pays de la région. Avant la guerre, l'Iran était loin de cette perspective. Mais après quelques signes positifs (voir :
"L’esprit de l'État travaille sur une nouvelle architecture pour l'après-guerre"
, 27 mars), il semble qu’une nouvelle proposition de l’Iran envoie ce message :
"Les problèmes régionaux doivent être résolus par les pays de la région."
Une avancée réjouissante.
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