Rwanda: Kigali accélère vers l’énergie nucléaire civile

La rédaction
09:1513/03/2026, Cuma
Yeni Şafak

Le Rwanda intensifie ses efforts pour développer un programme d’énergie nucléaire civile. Lors d’un sommet international à Paris, le président Paul Kagame a confirmé l’ambition de Kigali de produire de l’électricité nucléaire dans les prochaines décennies. Avec l’appui de l’Agence internationale de l’énergie atomique, le pays prépare les bases techniques et réglementaires nécessaires. Le projet s’appuie notamment sur les petits réacteurs modulaires, une technologie émergente adaptée aux réseaux électriques de taille moyenne. Cette initiative vise à répondre à la croissance rapide de la demande énergétique et à renforcer la sécurité énergétique du pays.

Le Rwanda poursuit sa stratégie de diversification énergétique et s’intéresse désormais au nucléaire civil. À Paris, lors du sommet mondial consacré à cette technologie, le président rwandais Paul Kagame a confirmé la volonté de Kigali de développer à long terme une production d’électricité nucléaire.

Cette ambition s’inscrit dans une stratégie plus large visant à répondre à l’augmentation rapide de la demande énergétique dans le pays et à sécuriser l’approvisionnement en électricité pour soutenir la croissance économique.

Selon les autorités rwandaises, ce projet n’en est pas à ses débuts. Depuis plusieurs années, Kigali prépare les bases institutionnelles, techniques et réglementaires nécessaires à l’introduction de l’énergie nucléaire civile. Une mission récente de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a d’ailleurs été menée dans la capitale rwandaise afin d’évaluer l’état d’avancement de cette stratégie et d’émettre des recommandations.

Cette mission, appelée "examen intégré de l’infrastructure nucléaire", permet de vérifier si un pays dispose des structures nécessaires pour développer un programme nucléaire civil dans le respect des normes internationales de sécurité et de non-prolifération.

Parmi les étapes déjà franchies, les autorités rwandaises indiquent avoir identifié plusieurs sites potentiels susceptibles d’accueillir une future centrale nucléaire. Le réseau électrique national a également fait l’objet d’une évaluation afin de déterminer sa capacité à intégrer une nouvelle source d’électricité.

Nucléaire civil et arme nucléaire : deux domaines distincts

L’intérêt croissant de certains pays pour le nucléaire civil suscite souvent des interrogations dans l’opinion publique, notamment concernant un possible lien avec les armes nucléaires.

En réalité, les deux domaines répondent à des logiques, des objectifs et des technologies très différents.

Le nucléaire civil est destiné à la production d’électricité, à la recherche scientifique ou à certaines applications médicales et industrielles. Les centrales nucléaires utilisent généralement de l’uranium faiblement enrichi, contenant entre 3 et 5 % d’uranium-235.

Les armes nucléaires, en revanche, nécessitent un uranium hautement enrichi, généralement proche de 90 %, ou du plutonium spécialement produit dans des installations militaires spécifiques. Ces technologies sont soumises à des contrôles internationaux très stricts.

Les programmes nucléaires civils sont placés sous la supervision de l’AIEA, qui vérifie que les installations et les matériaux nucléaires sont utilisés exclusivement à des fins pacifiques. Le Rwanda, comme la grande majorité des pays du monde, est signataire du Traité de non-prolifération nucléaire.

Dans ce cadre, toute activité liée au nucléaire civil doit être déclarée et contrôlée par les mécanismes de surveillance internationaux.

Kigali mise sur les petits réacteurs modulaires

Aujourd’hui, la production d’électricité au Rwanda repose principalement sur l’hydroélectricité ainsi que sur l’exploitation du gaz méthane présent dans le lac Kivu. Mais avec la croissance démographique, l’urbanisation et l’industrialisation, la demande énergétique du pays augmente rapidement.

Pour anticiper ce déséquilibre potentiel entre production et consommation, Kigali envisage de recourir à une technologie émergente : les petits réacteurs nucléaires modulaires, plus connus sous l’acronyme SMR (Small Modular Reactors).

Ces réacteurs présentent plusieurs avantages pour les pays disposant d’un réseau électrique de taille moyenne. Leur capacité de production est plus faible que celle des centrales nucléaires traditionnelles, mais leur construction est généralement plus rapide et plus flexible.

Selon les responsables du Bureau rwandais de l’énergie atomique (RAEB), l’objectif serait de disposer d’une première unité capable de produire de l’électricité nucléaire au début des années 2030.

Toutefois, le développement d’un programme nucléaire civil reste un processus long et complexe. Les experts estiment qu’entre la phase de planification initiale et la mise en service d’une centrale, il faut généralement compter entre dix et quinze ans.

Le Rwanda semble néanmoins déterminé à poursuivre cette stratégie énergétique. Kigali accueillera d’ailleurs, au mois de mai prochain, un sommet consacré à l’innovation dans le domaine de l’énergie nucléaire en Afrique.

Sur le continent africain, l’Afrique du Sud demeure aujourd’hui le seul pays à exploiter une centrale nucléaire en fonctionnement, située à Koeberg, près du Cap.

Si le projet rwandais aboutit, il pourrait marquer une nouvelle étape dans la diversification énergétique du continent et illustrer l’intérêt croissant de plusieurs pays africains pour les technologies nucléaires civiles dans un contexte de transition énergétique et de développement économique.


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