Le chef de la diplomatie omanaise accuse Washington de s'être "laissé entraîner" dans la guerre

La rédaction avec
17:0819/03/2026, Perşembe
AFP
Photo publiée par le ministère iranien des Affaires étrangères montrant le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi (au centre) lors d’une rencontre avec le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed bin Abdulrahman al-Thani (à droite), et le ministre des Affaires étrangères d’Oman, Sayyid Badr al-Busaidi (à gauche), à Téhéran, le 18 mai 2025.
Crédit Photo : AFP /
Photo publiée par le ministère iranien des Affaires étrangères montrant le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi (au centre) lors d’une rencontre avec le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed bin Abdulrahman al-Thani (à droite), et le ministre des Affaires étrangères d’Oman, Sayyid Badr al-Busaidi (à gauche), à Téhéran, le 18 mai 2025.

Le ministre omanais des Affaires étrangères, ex-médiateur dans les discussions entre l'Iran et les Etats-Unis, a accusé l'administration américaine de "s'être laissé entraîner" par Israël dans la guerre à un moment où un accord semblait "réellement possible".

Dans une tribune publiée jeudi par l'hebdomadaire britannique The Economist, Badr al-Busaidi abandonne la réserve diplomatique habituelle pour qualifier le conflit de
"catastrophe"
.
Washington et Téhéran ont été
"à deux doigts de conclure un véritable accord"
sur le programme nucléaire iranien au cours des neuf derniers mois, écrit-il.

La première occasion remonte au cycle de pourparlers menés jusqu'en juin 2025, juste avant le déclenchement de la guerre des 12 jours par Israël, dans laquelle sont brièvement intervenus les Etats-Unis en bombardant des sites nucléaires iraniens. La seconde est apparue en février 2026, juste avant que des frappes israélo-américaines ne tuent le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, déclenchant une guerre qui s'étend depuis dans tout le Moyen-Orient.

"Ce fut un choc, mais pas une surprise, lorsque le 28 février - quelques heures seulement après les pourparlers les plus importants - Israël et les Etats-Unis ont de nouveau lancé une frappe militaire illégale contre la paix qui avait brièvement semblé réellement possible"
, relate Badr al-Busaidi.
Il accuse l'administration américaine de
"s'être laissé entraîner dans cette guerre"
, persuadée par les
"dirigeants israéliens"
qu'une
"capitulation sans condition suivrait rapidement l'assaut initial"
. Et y voit là
"la plus grande erreur d'appréciation de l'administration américaine"
.
"Les amis des Etats-Unis ont le devoir de dire la vérité"
, souligne-t-il, les appelant à dire à leur allié américain
"à quel point"
il a
"perdu le contrôle de sa propre politique étrangère"
.
Le quotidien The Guardian a révélé mardi que le conseiller britannique à la sécurité nationale, Jonathan Powell, avait assisté à la dernière session de négociations américano-iraniennes à Genève le 26 février et avait jugé les propositions de Téhéran
"suffisamment importantes pour éviter une guerre précipitée".

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