Procès Tariq Ramadan : malgré des certificats médicaux, la justice maintient l’audience

La rédaction
17:1124/03/2026, Salı
Yeni Şafak
Malgré des certificats médicaux attestant d’un état grave, la justice maintient le procès de Tariq Ramadan. Un jugement par défaut est en cours.
Crédit Photo : Fabrice COFFRINI / AFP
Malgré des certificats médicaux attestant d’un état grave, la justice maintient le procès de Tariq Ramadan. Un jugement par défaut est en cours.

Le procès de Tariq Ramadan s’est tenu en son absence malgré des certificats médicaux attestant d’une hospitalisation et d’un syndrome post-traumatique aigu. Atteint de sclérose en plaques, il avait demandé un report, refusé par la juge Corinne Goetzmann. Le procureur Philippe Courroye a requis 18 ans de réclusion criminelle, avec mandat d’arrêt et interdiction du territoire. En cas de condamnation, Ramadan devra se présenter en France pour contester, au risque d’être arrêté immédiatement, ce qui pourrait aggraver son état de santé.

Tariq Ramadan: malgré des certificats médicaux attestant d’une hospitalisation et d’un syndrome post-traumatique aigu, la juge Corinne Goetzmann ignore son état de santé et maintient le procès


Des certificats médicaux récents attestent d’une dégradation importante de l’état de santé de Tariq Ramadan, 63 ans, notamment d’une hospitalisation en psychiatrie pour un syndrome post-traumatique aigu, alors qu’il est atteint de sclérose en plaques.


Ces éléments ont été transmis à la justice afin de justifier son impossibilité de comparaître. Tariq Ramadan, qui ne s’est jamais soustrait à la justice, avait formellement demandé le report de son procès. Cette demande n’a pas été retenue.


Le procès s’est ainsi tenu sous forme de jugement par défaut, la juge Corinne Goetzmann ayant écarté l’état de santé invoqué malgré les certificats médicaux produits.


L’audience s’est déroulée sous les réquisitions du procureur général Philippe Courroye, magistrat ayant fait l’objet de nombreuses controverses au cours de sa carrière. Il a notamment été mis en examen en 2014 pour "collecte illicite de données" après avoir fait exploiter les relevés téléphoniques de journalistes dans l’affaire Bettencourt.


Dans cette même affaire, plusieurs décisions prises sous son autorité ont été annulées par la justice, et son dessaisissement du dossier avait été interprété comme un désaveu. Sa nomination comme procureur de Nanterre en 2007 par le président Nicolas Sarkozy, alors qu’il avait déjà traité des dossiers sensibles liés à son entourage, avait également éveillé des soupçons au sein de la magistrature et des syndicats de juges, compte tenue du risque d’atteinte à l’indépendance du parquet.


Dans ce contexte, les certificats médicaux produits par la défense de Tariq Ramadan n’ont pas été retenus, et sont état de santé continue d’être écarté dans la procédure en cours.


En cas de condamnation, le mandat d’arrêt déjà émis pourrait être transformé en mandat de dépôt.


Le procureur Courroye a demandé :


  • 18 ans de réclusion criminelle avec mandat d'arrêt
  • Une interdiction de territoire définitive
  • Un suivi socio-judiciaire
  • Une interdiction de rentrer en contact et une interdiction d'apparaître dans un média relatif à la faire pendant 4 ans.

Pour contester la décision, Tariq Ramadan devra se présenter en France, avec le risque d’être arrêté dès son arrivée, ce qui pourrait aggraver significativement son état de santé.


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