
Avec l’arrivée du mois de Ramadan, les ateliers d’artisans au Maroc connaissent un regain d’activité, tandis que la demande pour les produits de l’artisanat traditionnel augmente, en raison de leur authenticité, de leur qualité et d’un savoir-faire transmis de génération en génération.
Dans les ruelles des médinas, les échoppes de poterie, de maroquinerie et de vêtements traditionnels s’animent, profitant de la hausse des ventes durant le mois sacré.
Créativité et savoir-faire
Dans la rue des Consuls, au cœur de la médina de Rabat, Mohamed Lakâas, artisan maroquinier, s’active à confectionner des articles en cuir en réponse à la demande croissante pendant le Ramadan.
Il fabrique des ceintures, des sacs, des boîtes et des revêtements de sièges automobiles, suivant plusieurs étapes de production.
Dans une déclaration à Anadolu, Lakâas explique que les artisans utilisent du cuir marocain ou importé, notamment du Portugal et d’Italie. Il souligne que le tannage constitue une étape essentielle, déterminante pour la qualité du cuir.
Le secteur contribue à hauteur d’environ 7 % au produit intérieur brut (PIB).
La pérennité des métiers en question
De nombreux métiers traditionnels se trouvent aujourd’hui à la croisée des chemins, en raison du désintérêt d’une partie de la jeunesse ou du refus de certains enfants de reprendre le métier de leurs parents.
Lakâas précise avoir appris le métier auprès d’un "maâlem" (maître artisan expérimenté), contrairement à d’autres qui héritent directement du savoir-faire familial.
Il évoque également les difficultés auxquelles font face certaines professions, confrontées à une concurrence accrue sur le marché.
Des prix maintenus malgré la hausse des coûts
Les produits artisanaux restent étroitement liés aux médinas historiques du Royaume, qui conservent leur patrimoine culturel.
Lakâas affirme que les artisans veillent à maintenir des prix stables malgré l’augmentation du coût des matières premières, réduisant leurs marges bénéficiaires afin de préserver l’intérêt des clients.
Il souligne qu’une catégorie de consommateurs continue de valoriser et d’acquérir ces produits, notamment les touristes étrangers.
2,7 millions d’artisans
Le secrétaire d’État chargé de l’Artisanat, Lahcen Saâdi, a indiqué que le secteur emploie 2,7 millions d’artisans.
S’exprimant devant le Parlement en janvier dernier, il a souligné le rôle central du secteur dans la préservation de l’identité culturelle et la valorisation du patrimoine.
Il a précisé que les exportations d’artisanat ont dépassé 1,11 milliard de dirhams (111 millions de dollars) en 2024. Les produits de poterie arrivent en tête avec 36 % des exportations, suivis des tapis traditionnels (20 %) et des vêtements traditionnels (13 %).
Le responsable a affirmé que son département œuvre à la modernisation du secteur à travers une approche globale et intégrée, visant à renforcer la compétitivité des produits marocains, à protéger les métiers menacés et à accompagner leur adaptation aux évolutions contemporaines. Parmi les priorités figure également l’amélioration des conditions de vie et de travail des artisans.
Il a enfin indiqué qu’environ 440 000 artisans sont inscrits au Registre national de l’artisanat, tandis que plus de 660 000 ont été enregistrés auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale.











