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"L'Afrique attend trop de la France", estime le président mauritanien

"L'Afrique attend trop de la France", estime le président mauritanien dans un entretien au quotidien français Le Figaro publié vendredi soir, réfutant l'échec de la France au Sahel.

La rédaction
10:47 - 30/09/2023 Cumartesi
MAJ: 10:00 - 30/09/2023 Cumartesi
AFP
Le président de la Commission de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, Omar Touray (à gauche), le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani (au centre) et le ministre nigérian des Affaires étrangères, Adamu Ibrahim Lamuwa (à droite), posant pour une photo lors de la session extraordinaire des chefs d'État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), à Abuja, le 10 août 2023. Crédit Photo: KOLA SULAIMON / AFP
Le président de la Commission de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, Omar Touray (à gauche), le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani (au centre) et le ministre nigérian des Affaires étrangères, Adamu Ibrahim Lamuwa (à droite), posant pour une photo lors de la session extraordinaire des chefs d'État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), à Abuja, le 10 août 2023. Crédit Photo: KOLA SULAIMON / AFP
Le sentiment antifrançais, qui s'est développé dans certains pays d'Afrique francophones, s'explique
"par des attentes, que je juge excessives, de certaines populations africaines vis-à-vis d'un pays historiquement ami",
souligne Mohamed Ould Ghazouani. 

Certes, le passé ne passe pas toujours, mais, selon moi, l'Afrique attend trop de la France.

Il estime en outre que le sentiment antifrançais reflète surtout un
"populisme virulent qui n'est pas propre à l'Afrique, qui s'exprime partout sur la planète"
et qui est
"largement amplifié par les réseaux sociaux".

Le départ de la France du Niger n'est ni un échec,
"ni une humiliation",
a-t-il également réagi.

Bien que quatre des cinq pays du G5 Sahel (Tchad, Niger, Burkina Faso, Mali) aient connu récemment des coups d'État ou un changement à leur tête, l'organisation, créée en 2014 pour lutter contre le terrorisme et le sous-développement,
"n'est pas mort"
, a par ailleurs assuré M. Ghazouani.

"Cette organisation, que je préside, est encore en vie. Seul le Mali en est pour l'instant sorti",
note-t-il. Et
"les raisons qui ont présidé à la création de cette structure, la lutte antiterroriste et les efforts communs pour le développement restent pertinentes".

M. Ghazouani reconnaît que
"la sortie du Mali pose problème"
mais il appelle
"à surmonter"
les différends
"par le dialogue".

Il y a d'autant plus urgence que
"le nord du Mali et particulièrement les villes de Gao et de Tombouctou connaissent, ces dernières semaines, une situation sécuritaire précaire",
dit-il.

"De façon générale, la situation du moment au Sahel n'est pas bonne, elle est même très mauvaise",
juge le président mauritanien.
"Tous les pays de la région sont sous pression, y compris mon pays",
reconnaît-il, notant une intensification des activités des groupes terroristes
.

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