Sur les strates du dossier Epstein (1)

09:375/02/2026, jeudi
MAJ: 5/02/2026, jeudi
Süleyman Seyfi Öğün

Le dossier Epstein, qui circule depuis longtemps et dont certaines parties ont déjà été rendues publiques, a été rouvert par le ministère américain de la Justice. Je vais d’emblée formuler le jugement qu’il faut, selon moi, exprimer. Il s’agit d’un événement historique. Nous assistons à la mort du processus moderne capitaliste que nous connaissons, lequel agonisait depuis longtemps. La modernité capitaliste, qui n’a en réalité jamais constitué une civilisation mais qui a toujours prétendu l’être,

Le dossier Epstein, qui circule depuis longtemps et dont certaines parties ont déjà été rendues publiques, a été rouvert par le ministère américain de la Justice. Je vais d’emblée formuler le jugement qu’il faut, selon moi, exprimer. Il s’agit d’un événement historique. Nous assistons à la mort du processus moderne capitaliste que nous connaissons, lequel agonisait depuis longtemps. La modernité capitaliste, qui n’a en réalité jamais constitué une civilisation mais qui a toujours prétendu l’être, a connu son dénouement à travers cette terrible corruption. Avec trois millions d’échanges écrits, de fichiers de communication et d’innombrables images, l’égout de la modernité capitaliste a explosé et s’est déversé sur l’humanité.

L’élément qui doit être immédiatement perçu est que le sionisme et Israël se trouvent au centre des événements. Le massacre de Gaza a constitué la scène la plus sanglante de cette faillite. Le dossier Epstein s’y ajoute comme son visage le plus putréfié et le plus sordide.
Dans un monde de sept milliards d’habitants, un peuple représentant à peine quinze millions d’individus, dont la théologie terrifiante aurait rendu malade l’écrasante majorité, se trouve au cœur de ce système. Il convient de préciser immédiatement que cette théologie diffère totalement de la religion instaurée par le prophète Moïse.

Il faut d’abord diagnostiquer cette maladie. Son évolution a suivi deux axes principaux. Le premier débute au début des années 1970 avec la financiarisation incontrôlée connue sous le nom de Nixon Shock. Ce processus s’est approfondi parallèlement au déclin productif de l’Occident. Ce qui confère sa valeur à une monnaie est son équivalent dans la production réelle. Une monnaie sans contrepartie productive est qualifiée de mauvaise monnaie. Selon la conceptualisation connue sous le nom de loi de Gresham, il s’agissait d’une "mauvaise" monnaie. Elle ne s’est pas contentée de chasser la bonne monnaie, elle s’est transformée en un instrument diffusant la corruption partout où elle circulait. Elle n’a laissé aucun domaine intact.

C’est précisément ce que les milieux qui se disent conservateurs ne comprennent pas toujours, souvent par naïveté. Lorsqu’il existe une corruption morale, l’une des causes principales, sinon la cause dominante, réside dans la rupture de l’équilibre entre actifs financiers et production réelle. Derrière chaque récit de Sodome et Gomorrhe se cache cette réalité.

Le processus entamé dans les années 1970 s’est progressivement approfondi. Cependant, cette évolution n’a pas été immédiatement perçue. Au contraire, elle s’est d’abord manifestée sous la forme d’une abondance, voire d’une prospérité avancée. Des paradis artificiels sont apparus. Le phénomène connu sous le nom de rêve américain s’est construit sur cette base.
La domination du dollar était concentrée entre quelques familles d’origine juive, au cœur de la City de Londres et de Wall Street.
L’expansion excessive d’une monnaie conduit normalement à sa dévaluation, ce qui pousse les acteurs économiques à s’en détourner. L’exemple du mark allemand dans les années 1920 en témoigne. Mais cette fois, le processus fut différent. Des banquiers juifs produisaient le dollar sans limite et, sous la protection de la supériorité militaire américaine, le diffusaient comme unique instrument d’échange dans le commerce mondial, ce qui peut également être interprété comme une forme de chantage.
La demande de dollar était artificielle mais inévitable.
Le paradis consumériste vécu par la société américaine reposait sur ce système. Pendant longtemps, les déficits générés par l’émission illimitée de monnaie ne furent pas considérés comme problématiques, chaque déficit étant comblé par de nouvelles émissions monétaires.

Ce capital financier produisait également des transformations intellectuelles et culturelles. Un nouveau type d’être humain est apparu, façonné par l’opportunisme, la compétition agressive et une obsession exclusive pour l’enrichissement matériel et la consommation. Cela constituait aussi l’interprétation la plus dégénérée de l’idéal de sécularisation. La mauvaise monnaie s’est infiltrée dans les industries culturelles, établissant l’hégémonie mondiale de ce nouveau modèle humain.


Dimension théopolitique et question de l’antisémitisme


Il est utile d’examiner séparément la dimension théopolitique des événements.
Historiquement, le judaïsme a été l’objet d’une hostilité profonde dans le monde chrétien. Pendant des siècles, les chrétiens ont tenu les Juifs pour responsables de la crucifixion de Jésus. L’antisémitisme s’est développé en étroite imbrication avec l’histoire chrétienne. Les dossiers relatifs aux exils, exclusions, humiliations et massacres subis par les communautés juives sont extrêmement lourds.

Hitler n’est pas apparu soudainement. Considérer Hitler et l’Holocaust (génocide systématique des Juifs par l’Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale) comme un accident historique ne peut s’expliquer que par une ignorance historique. L’Holocaust représente la forme la plus extrême de la Reconquista (processus d’expulsion forcée des musulmans et des juifs d’Espagne et d’établissement de la domination chrétienne en 1492).

Après l’Holocaust, la reproduction ouverte de l’antisémitisme devint impossible
. Après la Seconde Guerre mondiale, une restauration fut engagée à travers les idéaux des Lumières. Les sentiments antisémites ne furent pas éliminés, mais refoulés dans l’inconscient collectif.
Le capital juif continua d’exercer une influence constante sur les masses chrétiennes.
Au récit du péché originel fut ajouté celui d’un second péché. Afin que les sociétés chrétiennes ne l’oublient pas, l’Holocaust fut placé au centre comme crime historique unique, socialisant chaque individu dans la conscience de cette culpabilité collective. À partir des années 1970, l’expansion financière renforça encore la position culturelle juive. Aux États-Unis, les mouvements protestants furent orientés vers une sympathie intense envers le judaïsme à travers des transformations théologiques propres au continent.

Financiarisation, néolibéralisme et transformation politique


L’expansion excessive du capital financier dominé par les milieux juifs s’est progressivement transformée en une forme de folie. Ce processus s’est mis à fonctionner contre l’économie elle-même. La relation entre déclin de la production économique et gonflement financier a fini par produire une crise antéconomique. Tirer des profits excessifs du déclin économique est devenu une motivation centrale pour les barons de la finance. Un système de lumpenisation nourri par la contraction des économies s’est développé.

Après l’effondrement de l’Union soviétique, cette tendance atteignit son apogée. Le néolibéralisme et le néoconservatisme en furent les vecteurs idéologiques. Le discours dominant s’appuyait sur la notion de liberté. L’équilibre entre liberté et sécurité fut profondément bouleversé. Ce phénomène peut être qualifié de fétichisation de la liberté. Pourtant, l’équilibre entre liberté et sécurité repose sur des fondements d’économie politique. Le destin des sociétés ne peut être sacrifié aux forces économiques absolues. La valeur d’échange économique est régulée par le politique et les institutions publiques. Le monde financier s’est attaqué violemment aux institutions assurant cet équilibre, notamment l’État social et les structures publiques nationales.

Ces attaques furent justifiées par le discours de la liberté.
Les idées de Hayek, Mises et Buchanan, combinées à la théorie des jeux de Nash, aux approches psychologiques de Laing et aux philosophies des sciences de Popper, Illich et Feyerabend furent largement diffusées. À première vue convaincantes, ces idées ont facilité le démantèlement des structures bureaucratiques soutenant les économies politiques en crise. Reagan, Thatcher, Kohl et Özal furent les principaux exécutants de ce processus, lançant une vaste destruction institutionnelle. Les mouvements de la nouvelle gauche contribuèrent également indirectement à ce processus. Ce qui était difficile à comprendre à l’époque était que la prétendue libération de l’économie servait en réalité une financiarisation dominée par le capital juif et intrinsèquement antéconomique.
À suivre…
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