
La fermeture de facto du détroit d’Ormuz, dans un contexte de tensions régionales déclenchées par les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, place La Türkiye au centre des solutions alternatives pour le transport des hydrocarbures, selon des analyses sectorielles.
Cette évolution intervient alors que les perturbations du trafic maritime dans cette zone stratégique affectent directement les marchés mondiaux de l’énergie.
Un corridor stratégique fragilisé par les tensions
Le détroit d’Ormuz assure environ 20 % du commerce mondial de pétrole, avec près de 20 millions de barils transitant quotidiennement en 2025.
Malgré la libération de réserves stratégiques par les pays membres de l’Agence internationale de l’énergie, les marchés restent marqués par une forte volatilité liée aux incertitudes géopolitiques.
Des alternatives limitées face à une demande mondiale élevée
Les capacités des pipelines contournant le détroit d’Ormuz, notamment en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, restent limitées, estimées entre 3,5 et 5,5 millions de barils par jour, bien en deçà des volumes habituellement transitant par ce corridor.
Aux Émirats, le pipeline Abu Dhabi-Fujairah transporte environ 1,1 million de barils par jour, avec une capacité supplémentaire restreinte. En Arabie saoudite, le pipeline East-West dispose d’une capacité nominale de 5 millions de barils, mais une partie est déjà utilisée.
Dans ce contexte, la recherche de routes alternatives s’intensifie, sans toutefois permettre de compenser entièrement une perturbation majeure du détroit.
La Türkiye, un hub énergétique en devenir
Face à ces contraintes, La Türkiye apparaît comme une option stratégique à moyen terme pour le transport des ressources énergétiques vers l’Europe.
Le ministre turc de l’Énergie Alparslan Bayraktar a évoqué le potentiel du pipeline Irak-Türkiye, reliant Kirkouk à Ceyhan, capable de transporter jusqu’à 1,5 million de barils par jour.
Des projets visant à acheminer le gaz qatari vers La Türkiye, puis vers l’Europe, sont également à l’étude. Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie visant à réduire la dépendance au détroit d’Ormuz.
La Türkiye joue également un rôle dans le transit du gaz russe vers l’Europe, avec une augmentation de 22 % des flux via TurkStream en mars, atteignant environ 55 millions de mètres cubes par jour.
Une alternative à moyen terme dans un marché sous pression
Selon des experts, les capacités actuelles des infrastructures restent insuffisantes pour remplacer à court terme le détroit d’Ormuz. Toutefois, la Türkiye pourrait s’imposer comme un corridor énergétique stratégique à moyen terme, reliant la région caspienne, le Moyen-Orient et l’Europe.
Dans un contexte de tensions persistantes, ces évolutions pourraient accélérer la diversification des routes énergétiques, tout en renforçant le rôle des fournisseurs alternatifs et des nouvelles infrastructures.










