
Le Conseil constitutionnel a proclamé la réélection d'Ismaïl Omar Guelleh avec 97,01% des suffrages. Au pouvoir depuis 1999, le chef de l'État djiboutien de 78 ans a largement distancé son unique adversaire lors du scrutin du 10 avril.
Cette victoire lui permet de briguer un sixième mandat consécutif à la tête de cette nation stratégique de la Corne de l'Afrique, après une modification constitutionnelle.
Une victoire écrasante confirmée par le Conseil constitutionnel
Son unique concurrent, Mohamed Farah Samatar, figure politique peu connue du grand public, n'a obtenu que 6 318 suffrages, représentant 2,99% du total.
Ces chiffres, proclamés mardi par le Conseil constitutionnel, confirment les tendances issues du dépouillement provisoire qui attribuaient déjà 97,81% des voix au chef de l'État.
Un sixième mandat rendu possible par une révision constitutionnelle
Cette nouvelle victoire marque le début d'un sixième mandat pour le chef de l'État de 78 ans, installé au palais présidentiel depuis 1999. L'exercice du pouvoir de M. Guelleh aurait dû s'achever après le scrutin de 2021, lorsque celui-ci avait lui-même évoqué son dernier mandat en raison de la limite d'âge fixée à 75 ans par la Constitution.
Importance stratégique dans la Corne de l'Afrique
S'étendant sur seulement 23 000 kilomètres carrés et comptant un peu plus d'un million d'habitants, Djibouti occupe une position géographique d'une valeur inestimable.
Située à la jonction entre l'Afrique et le Moyen-Orient, cette ancienne colonie française surplombe le détroit de Bab-el-Mandeb, passage maritime stratégique connectant la mer Rouge au golfe d'Aden et canaliser une part substantielle des échanges commerciaux entre l'Asie et l'Occident. Cette localisation explique la présence de cinq bases militaires étrangères sur son sol.
Présence militaire internationale et enjeux sécuritaires
Le territoire djiboutien abrite des installations militaires appartenant à cinq puissances mondiales : la France, les États-Unis, la Chine, le Japon et l'Italie.
Cette présence multinationale génère des revenus financiers considérables pour l'État tout en offrant des garanties sécuritaires dans une région marquée par l'instabilité. Le pays entretient des relations complexes avec ses voisins immédiats : l'Éthiopie, géant démographique de la région, l'Érythrée avec qui les tensions persistent, et le Somaliland, entité autoproclamée indépendante de la Somalie en 1991 mais non reconnue internationalement.
Questions démocratiques et liberté d'expression
Malgré sa stabilité relative dans une zone troublée, le régime djiboutien fait l'objet de critiques récurrentes concernant le respect des libertés fondamentales.
Les autorités sont fréquemment accusées de restreindre l'expression des voix dissidentes et de limiter l'opposition politique. Cette situation se reflète dans le classement 2025 de Reporters sans frontières, où la République de Djibouti occupe la 168e position sur 180 nations évaluées en matière de liberté de la presse, illustrant les défis démocratiques qui persistent dans cette nation à majorité musulmane.











