Saphia Azzeddine recadre CNews sur la guerre en Irak

La rédaction
16:1313/03/2026, Cuma
Yeni Şafak

Invitée sur CNews, l’écrivaine Saphia Azzeddine a provoqué un débat tendu en dénonçant les interventions occidentales au Moyen-Orient et les "mensonges" ayant conduit à la guerre en Irak. Elle a critiqué une "disproportion morale" dans le traitement médiatique des violences, estimant que les crimes occidentaux sont moins analysés que ceux commis dans le monde arabo-musulman. L’échange s’est intensifié lorsque les attentats du 11 septembre ont été évoqués. La séquence, largement relayée sur les réseaux sociaux, relance le débat sur l’histoire des guerres au Moyen-Orient.

L’écrivaine et réalisatrice
Saphia Azzeddine
a provoqué un moment de tension sur le plateau de CNews en dénonçant la lecture dominante des interventions occidentales au Moyen-Orient. Invitée pour évoquer son livre et ses réflexions sur l’histoire récente de la région, l’autrice a vivement critiqué ce qu’elle considère comme une "disproportion morale" dans le traitement des crimes internationaux.

Sur le plateau,
Saphia Azzeddine
a d’abord contesté l’appellation de "guerres du Golfe". Selon elle, ces conflits doivent être qualifiés autrement.

"Les deux premières agressions américaines en Irak, j'appelle ça des agressions. Ils appellent ça des guerres du Golfe. Mais non, ce sont des agressions"
, a-t-elle déclaré.

L’écrivaine a également rappelé que ces interventions militaires avaient été justifiées, selon elle, par des informations erronées.


"Personne n'a été inquiété alors qu'on sait que les deux étaient justifiées par des mensonges. Et personne n'a été inquiété. Il y a eu un million de morts en Irak",
a-t-elle affirmé.

Ces propos ont immédiatement suscité un échange tendu avec les autres intervenants du plateau.


Une critique de la
"disproportion morale"
dans le débat médiatique

Au cœur de son argumentation, Saphia Azzeddine a dénoncé une différence de traitement dans l’analyse des violences politiques et militaires.


"À chaque fois qu'un arabo-musulman fait un faux pas, on dissèque, on analyse, on amplifie. Alors que quand les Américains ou l’Occident commettent des crimes atroces au Moyen-Orient, pas grand monde n'en parle"
, a-t-elle expliqué.

Selon l’écrivaine, cette situation alimente un ressentiment croissant dans le monde arabe envers l’Occident.


"Il y a une colère liée à cette disproportion entre les actes commis par un Occident contre le monde arabe"
, a-t-elle déclaré.

Elle a également évoqué la question du patrimoine et des pillages d’objets historiques dans les zones de conflit.


"À force de piller, il y a 600 000 objets qui ont été pillés en Irak. Je ne vous parle même pas de l'Afghanistan ou de la Libye"
, a-t-elle affirmé.

Pour l’autrice, ces destructions participent à une tentative d’effacement de la mémoire historique des peuples du Moyen-Orient.


"C'est notre colonne vertébrale la mémoire. C'est ce qui nous permet de dire qu'il y avait quelqu'un derrière nous et qu'il y aura quelqu'un demain"
, a-t-elle souligné.

Un échange tendu autour du 11 septembre


Face à ces critiques, un autre intervenant du plateau a tenté de replacer les événements dans le contexte des attentats du 11 septembre 2001.


"Je partage ce que vous venez de dire, mais vous oubliez quelque chose: si les Américains sont intervenus, c'est parce qu'il y a eu le 11 septembre"
, a-t-il affirmé.

Saphia Azzeddine
a immédiatement réagi en évoquant l’épisode de la présentation par l’ancien secrétaire d’État américain Colin Powell à l’ONU en 2003.

"Colin Powell avec sa petite fiole… c'était faux. Donc c'est un mensonge. Donc c'est un crime"
, a-t-elle rétorqué.

L’écrivaine a également interrogé la cohérence des choix militaires américains après les attentats.


"De quelle nationalité étaient les passeports qu'on a soi-disant retrouvés par terre ?"
, a-t-elle demandé.

Lorsqu’un intervenant a répondu
"saoudiens"
, elle a poursuivi :

"Alors pourquoi sont-ils allés attaquer l’Irak ? Pourquoi n'ont-ils pas attaqué l’Arabie saoudite ?"

Une séquence largement relayée sur les réseaux sociaux


L’échange, diffusé sur CNews, a rapidement circulé sur les réseaux sociaux où de nombreux internautes ont salué l’intervention de l’écrivaine. D’autres ont critiqué ses propos, estimant qu’ils simplifiaient des événements géopolitiques complexes.


Cette séquence illustre, une nouvelle fois, la polarisation du débat public en France autour des interventions occidentales au Moyen-Orient, ainsi que la place de ces questions dans les médias.


À travers cette prise de parole,
Saphia Azzeddine
affirme vouloir "rééquilibrer" le récit historique.

"Ce n'est pas pour accuser, mais pour redonner de la profondeur et de la mémoire"
, a-t-elle déclaré.

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