Condamnation d’Olivia Zemor : une décision qui interroge sur la liberté d’expression

La rédaction
21:3626/03/2026, jeudi
Yeni Şafak
Crédit Vidéo : Hatem Benhadj / Nouvelle Aube
Olivia Zemor, journaliste et présidente d’EuroPalestine, a été condamnée à 24 mois de prison avec sursis.

Le tribunal de Paris a condamné, ce 26 mars 2026, Olivia Zemor, journaliste et présidente d’EuroPalestine, à 24 mois de prison avec sursis. La peine s’accompagne d’une inéligibilité de cinq ans, du versement de 3 000 euros de dommages à l’Organisation Juive Européenne, ainsi que de son inscription au fichier des infractions terroristes. En cause : des publications en ligne remontant aux 7 et 8 octobre 2023.

La juridiction a estimé que ces contenus présentaient un caractère favorable à des actes qualifiés de terroristes, retenant notamment leur diffusion publique et rejetant les arguments de la défense. Pourtant, le parquet avait requis une peine sensiblement plus légère, de dix mois avec sursis. Le jugement final, plus sévère, marque un durcissement notable dans l’appréciation de ce type d’affaires.


Une procédure controversée


Au-delà de la condamnation elle-même, certains éléments de la procédure suscitent des interrogations. Selon les observations rapportées lors de l’audience, la juge Martine Timsit aurait procédé à des traductions de l’hébreu en devançant le traducteur officiel afin d’accélérer le déroulement des débats.

Dans ce contexte, la décision apparaît, pour de nombreux observateurs, comme un signal préoccupant adressé aux voix engagées en faveur de la Palestine. Elle s’inscrit dans un climat plus large où l’expression de positions critiques à l’égard d’Israël est de plus en plus judiciarisée en Europe, notamment en France.


Une décision aux répercussions politiques


Cette affaire dépasse le seul cadre judiciaire. Elle pose la question de la frontière entre expression politique, engagement militant et qualification pénale. Pour les soutiens d’Olivia Zemor, cette condamnation traduit une restriction croissante de la liberté d’expression dès lors qu’elle concerne la Palestine et la dénonciation des violences dans les territoires occupés.

Olivia Zemor a d’ores et déjà annoncé faire appel de cette décision. Une nouvelle phase judiciaire s’ouvre donc, dans un dossier qui pourrait devenir emblématique des tensions entre justice, politique et liberté d’expression dans le contexte du conflit israélo-palestinien.

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