
L’armée israélienne a mené de nouvelles frappes à l’aube samedi sur la banlieue sud de Beyrouth, affirmant viser des infrastructures du Hezbollah, après avoir détruit plusieurs ponts stratégiques dans l’est du Liban, notamment sur le fleuve Litani.
Ces bombardements s’inscrivent dans une intensification des opérations militaires israéliennes sur le territoire libanais, marquées par des frappes aériennes répétées et une offensive terrestre dans le sud du pays.
Intensification des frappes et infrastructures ciblées
Selon l’armée israélienne, ces frappes visent à neutraliser les capacités du Hezbollah, notamment en ciblant ses infrastructures dans la capitale libanaise. Des journalistes ont rapporté au moins deux explosions puissantes dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement, accompagnées de panaches de fumée.
Parallèlement, l’aviation israélienne a ciblé des ponts enjambant le fleuve Litani, dans le but de couper le sud du Liban du reste du territoire. Vendredi, un pont reliant Sohmor à Machghara a été détruit, selon l’Agence nationale d’information libanaise. Un second pont a également été touché, après des avertissements de l’armée israélienne évoquant la nécessité d’empêcher le transfert de renforts et d’équipements.
Dans la localité de Sohmor, une frappe israélienne a fait deux morts et 15 blessés, selon le ministère libanais de la Santé, alors que des fidèles quittaient la mosquée après la prière du vendredi.
Casques bleus touchés et bilan humain en hausse
Dans le sud du Liban, trois soldats de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) ont été blessés vendredi dans une explosion survenue à l’intérieur d’une installation onusienne près d’El Adeisse. Deux d’entre eux, de nationalité indonésienne, ont été grièvement atteints.
Quelques jours auparavant, trois autres Casques bleus indonésiens avaient été tués dans la même région.
Depuis le début du conflit, déclenché le 2 mars après des tirs de roquettes du Hezbollah en direction d’Israël, le Liban est progressivement devenu un front actif de la guerre régionale. Ces tirs faisaient suite à une attaque américano-israélienne ayant entraîné la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien, selon les autorités iraniennes.
Les opérations militaires israéliennes ont depuis causé la mort de 1.368 personnes, dont 125 enfants, et provoqué le déplacement de plus d’un million d’habitants, d’après les autorités libanaises.
Une population sous pression et des craintes d’escalade
Dans la banlieue sud de Beyrouth, des frappes avaient déjà été signalées vendredi. Malgré les bombardements, des habitants ont continué à participer aux célébrations religieuses du Vendredi saint. Dans l’église Saint-Maron de Chiyah, plusieurs fidèles ont assisté à l’office, illustrant une volonté de maintenir une forme de normalité malgré le conflit.
Par ailleurs, les frappes israéliennes ont également visé la région de Tyr, tandis que des habitations ont été détruites dans plusieurs villages frontaliers déjà durement touchés lors de précédents affrontements en 2024.
Dans ce contexte, l’ambassade des États-Unis à Beyrouth a averti que l’Iran et ses groupes affiliés pourraient viser des institutions universitaires au Liban, dans un climat régional marqué par une multiplication des menaces et des représailles.
Alors que les Nations unies et les autorités libanaises mettent en garde contre le risque d’une nouvelle occupation du sud du Liban, la situation reste extrêmement volatile, avec des affrontements susceptibles de s’intensifier dans les prochains jours.
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