
Une pétition en ligne réclamant le rejet de la proposition de loi portée par la députée Caroline Yadan a dépassé la barre des 529 000 signataires.
Déclenchée le 18 février 2026 par un citoyen, Alexandre Balasse, cette initiative dénonce un texte jugé liberticide qui opérerait, selon ses initiateurs, un amalgame dangereux entre la lutte légitime contre l'antisémitisme et la critique politique de l'État d'Israël.
La pétition, enregistrée sous le numéro 5158, s'inquiète particulièrement de l'exposé des motifs du projet de loi, lequel stipule que la haine de l'État d'Israël serait aujourd'hui consubstantielle à la haine des Juifs. Pour les signataires, cette formulation révèle une volonté d'interdire l'antisionisme en l'assimilant pénalement à l'antisémitisme.
Les opposants redoutent ainsi que la proposition de loi Yadan n'ait pour véritable objectif de contrer cette jurisprudence pour obliger les magistrats à condamner la critique de la politique israélienne.
L'argumentaire adressé aux parlementaires s'articule autour de trois axes majeurs
Les opposants estiment en premier lieu que ce texte représente une menace directe pour la liberté d'expression.
Ils redoutent qu'il ne conduise à la censure du travail des chercheurs et des journalistes, tout en exposant à des poursuites judiciaires l'usage de slogans pacifiques en faveur de la cause palestinienne.
Enfin, les signataires soutiennent que cette démarche législative dessert paradoxalement la véritable lutte contre l'antisémitisme, en assimilant l'ensemble des citoyens juifs aux actions du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, alors même qu'une partie d'entre eux les critique ouvertement.
Tout en réaffirmant la nécessité absolue de combattre l'antisémitisme au même titre que toutes les autres discriminations, le texte justifie son opposition en invoquant le droit à la résistance palestinienne.
L'auteur s'appuie notamment sur la résolution 2621 de l'Assemblée générale des Nations unies adoptée en 1970. La pétition dénonce par ailleurs les expulsions historiques liées à la Nakba de 1948, ainsi que celles toujours perpétrées en 2025 en Cisjordanie. L'initiative se conclut par une exhortation directe adressée aux députés, les appelant à voter contre ce projet de loi.
Le gouvernement fait bloc derrière le texte
Face à cette fronde, l'exécutif maintient fermement le cap. Lors du 40e dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) organisé à Paris, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait confirmé l'inscription de la proposition de loi Yadan à l'ordre du jour parlementaire au mois d'avril.
L'alerte des experts de l'ONU
La crainte d'un amalgame dangereux
Au-delà des réserves juridiques sur la liberté d'expression, une autre dimension de la contestation émerge à gauche : le risque de confusion entre la politique de l'État d'Israël et les citoyens de confession juive.
Le MoDem réclame un retrait
Sur le plan politique parlementaire, la proposition de loi divise bien au-delà de l'opposition de gauche. Mardi soir, le groupe centriste MoDem a officiellement pris ses distances avec le texte.
Le Parti socialiste annonce son vote contre
Une mobilisation française sur fond de crise régionale prolongée
Le débat autour de cette proposition de loi intervient dans un climat de forte mobilisation d'une partie de la société civile française face aux agressions israéliennes en Palestine. Samedi 4 avril, une vingtaine de bateaux de la Flottille mondiale "Sumud" ont d'ailleurs quitté Marseille dans le but d'acheminer de l'aide médicale vers Gaza et de contester le blocus de l'enclave, où l'ONU signale que les points de passage restent fermés.
Tensions persistantes dans les Territoires palestiniens
Sur le terrain, la situation humanitaire et sécuritaire reste précaire. Selon le ministère de la Santé à Gaza, le bilan des offensives israéliennes s'élève à 72 292 morts depuis octobre 2023. Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 10 octobre 2025, les frappes se poursuivent, ayant fait plus de 700 morts supplémentaires depuis cette date.
Les autorités palestiniennes y recensent une intensification des violences, avec 511 attaques de colons enregistrées pour le seul mois de février 2026. Cette situation s'inscrit dans le sillage de l'avis historique rendu en juillet 2024 par la Cour internationale de Justice (CIJ), qui a déclaré l'occupation israélienne illégale.











