
Le commerce maritime dans le détroit d’Ormuz se poursuit techniquement, bien que de manière très limitée, certains navires ayant obtenu l’autorisation de passage pour une période d’un mois, tandis que les incertitudes concernant l’avenir de cette voie maritime vitale continuent de croître.
Aucune amélioration significative du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz n’a encore été constatée. Une moyenne de 129 navires transitait quotidiennement par le détroit entre le 1er et le 27 février, avant le début de la guerre, mais ce chiffre a fortement chuté tout au long du mois de mars, avec des moyennes quotidiennes désormais inférieures de 95 % aux niveaux d’avant-guerre, selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED).
Parmi les autres types de navires, environ cinq étaient des transporteurs de méthanol, deux des transporteurs de produits chimiques, deux des porte-conteneurs, et un chacun transportait du gaz naturel liquéfié (GNL), des biocarburants et de l’éthanol.
Seuls 30 navires commerciaux ont franchi le détroit le 1er mars, environ 12 le 2 mars, mais ce chiffre est tombé à seulement trois navires le 3 mars, avant de remonter à 12 le 23 mars. Quelque 15 navires ont traversé le détroit le 28 mars, dont cinq iraniens, trois panaméens, deux des îles Marshall et deux battant pavillon indien, tandis que les autres navires arboraient les pavillons du Pakistan, d’Antigua-et-Barbuda et du Libéria, selon les données.
Le 31 mars, parmi les navires ayant transité par le détroit, un seul transportait des produits pétroliers bruts, tandis que les autres étaient à vide. Deux de ces navires étaient libériens, un battait pavillon de Saint-Kitts-et-Nevis, et les autres ceux de la Barbade et des îles Marshall.
Des rapports estiment qu’une grande partie des pétroliers traversant cette voie maritime transporte du pétrole iranien.
Le commerce pétrolier entre l’Inde et l’Iran a repris durant cette période, après l’assouplissement de 30 jours accordé par Washington concernant le pétrole iranien en mer en raison des perturbations de l’approvisionnement — le pétrolier Ping Shun a mis le cap vers la région portuaire et de raffinage de Vadinar, dans l’ouest de l’Inde, avec 600 000 barils de pétrole brut à bord, selon la société d’analyse de données Kpler.
Malgré cela, l’avenir du trafic maritime commercial dans le détroit d’Ormuz devient de plus en plus incertain — si certains navires sont autorisés à passer, uniquement ceux qui auraient principalement navigué via un corridor traversant les eaux territoriales iraniennes, un nouveau projet de loi proposant des péages pour le transit dans ce corridor a été adopté cette semaine par la commission de sécurité du Parlement iranien.
Le texte doit encore être approuvé par la commission compétente, le Parlement, puis le Conseil des gardiens, avant d’être promulgué par le président du pays.
Dans un contexte de goulot d’étranglement commercial plus large, le détroit d’Ormuz représente 20 % de la demande mondiale de pétrole et du transit de GNL, et sa fermeture effective exerce une pression non seulement sur le secteur de l’énergie, mais aussi sur le commerce des engrais et les systèmes alimentaires.
La forte hausse du gaz est déterminante pour les engrais, le gaz naturel étant un intrant essentiel dans la production d’engrais azotés comme l’urée et l’ammoniac — la hausse des prix du gaz augmente les coûts de production et fait grimper les prix des engrais.
Environ un tiers du volume des engrais est transporté par voie maritime via le détroit d’Ormuz.
Toute perturbation dans cette voie maritime vitale menace non seulement les coûts de production, mais aussi les flux logistiques et la continuité des chaînes d’approvisionnement.









