À un moment où l’évolution de la guerre semble se concentrer sur la réouverture du détroit d’Ormuz, les informations suggérant que le président Trump pourrait se retirer sans atteindre cet objectif indiquent que la stratégie iranienne consistant à prendre l’économie mondiale en otage pourrait porter ses fruits. Les décisions de report annoncées par Trump à deux reprises pour calmer les marchés internationaux montrent que la pression économique globale a été efficace. N’ayant toujours pas engagé
À un moment où l’évolution de la guerre semble se concentrer sur la réouverture du détroit d’Ormuz, les informations suggérant que le président Trump pourrait se retirer sans atteindre cet objectif indiquent que la stratégie iranienne consistant à prendre l’économie mondiale en otage pourrait porter ses fruits.
Les décisions de report annoncées par Trump à deux reprises pour calmer les marchés internationaux montrent que la pression économique globale a été efficace.
N’ayant toujours pas engagé d’intervention militaire pour empêcher que le passage des tankers dans le détroit d’Ormuz ne passe de facto sous le contrôle de l’Iran, Trump a certes évoqué des options comme cibler et occuper l’île de Kharg, mais il considère que le détroit d’Ormuz n’est pas uniquement un problème américain.
Attendant de ses alliés qu’ils interviennent pour rouvrir le détroit, Trump a tenté de transformer en enjeu multilatéral une guerre qu’il avait lancée unilatéralement avec Israël.
Faute de soutien, il pourrait être contraint de se retirer en laissant le contrôle du détroit à l’Iran. Malgré un tableau de défaite économique pour les États-Unis comme pour le reste du monde,
Trump pourrait néanmoins proclamer une victoire en affirmant avoir atteint ses objectifs militaires et stratégiques.
L’Iran n’a aucune intention d’abandonner la pression économique exercée via le détroit d’Ormuz sans garanties durables. Téhéran cherche à obtenir l’assurance qu’aucune nouvelle attaque américaine ou israélienne ne sera menée, ainsi que la levée des sanctions. Si l’économie américaine est affectée par cette pression, ce sont surtout les pays de la région et les économies asiatiques, plus dépendantes du pétrole transitant par Ormuz, qui en subissent les conséquences les plus lourdes.
Alors que Trump tente d’éviter un effondrement des marchés américains en envoyant des signaux de désescalade, il a qualifié l’autorisation iranienne de passage de certains tankers de
. Par ailleurs, l’impact inflationniste des prix du pétrole sur la scène intérieure américaine pourrait peser lourdement lors des élections de novembre. L’ensemble de ces équilibres suggère que la stratégie iranienne visant à pousser Washington au retrait par la pression économique pourrait fonctionner.
Toutefois, une intervention militaire américaine pour rouvrir le détroit, notamment via les forces déjà déployées, pourrait bouleverser cette équation.
Depuis le début, l’Iran cherche à accroître la pression sur Washington en ciblant militairement et économiquement les pays du Golfe, et semble avoir partiellement atteint cet objectif.
Les propos méprisants de Trump à l’égard de Mohammed ben Salmane traduisent son irritation face au refus des pays du Golfe de s’engager dans la guerre ou d’en financer le coût.
En se concentrant exclusivement sur Israël, l’Iran aurait pu renforcer davantage l’écho de sa résistance, mais il a préféré pousser les États du Golfe à faire pression sur Washington.
Cette stratégie a partiellement réussi, mais elle risque de laisser l’Iran durablement isolé dans la région.
Si la pression économique permet à Téhéran de renforcer son contrôle stratégique sur le détroit d’Ormuz, elle pourrait aussi accentuer son isolement diplomatique.
Le niveau historiquement bas de popularité de Trump témoigne de la pression politique intense qu’il subit. Toutefois, il ne faut pas oublier que Trump assume pleinement son style de gouvernance chaotique, qu’il considère même comme un atout. Capable d’énoncer des positions contradictoires dans une même phrase, il incarne une forme d’imprévisibilité qui relève de la
. Il devient ainsi difficile de suivre une ligne stratégique claire.
Après avoir donné successivement cinq puis dix jours avant de frapper les infrastructures énergétiques iraniennes, tout en affichant une volonté de négociation, Trump pourrait tout aussi bien préparer une opération contre l’île de Kharg.
À l’inverse, il pourrait renoncer à rouvrir le détroit d’Ormuz et accepter que l’Iran impose des droits de passage, tout en présentant cela comme un succès historique. Il pourrait également attribuer la responsabilité du conflit à des conseillers comme
Netanyahu, Kushner ou Witkoff, avant d’annoncer un retrait soudain des troupes américaines.
Ce style de leadership imprévisible, désormais bien connu, pourrait cependant se retourner contre lui face à un adversaire comme l’Iran, qui se considère engagé dans une lutte existentielle.
Dès le début de la guerre, Trump semblait convaincu qu’il pourrait contraindre l’Iran en quatre à six semaines.
L’administration américaine semble avoir sous-estimé la capacité de Téhéran à bloquer le détroit d’Ormuz, pensant que des frappes ciblées et un changement de leadership entraîneraient une capitulation rapide. Cette hypothèse s’est révélée erronée, et les options de sortie de crise de Trump apparaissent désormais limitées, notamment en raison des actions d’Israël.
En éliminant des figures avec lesquelles Trump espérait négocier, comme Ali Larijani, Israël a contribué à enfermer les États-Unis dans un conflit prolongé. Comme dans le dossier de Gaza,
Trump devra probablement, à un moment donné, s’opposer à Netanyahu, mais cela s’annonce bien plus difficile dans le cas iranien.
Les actions conjointes des États-Unis et d’Israël, visant les dirigeants politiques et religieux iraniens, ont renforcé le rôle des Gardiens de la révolution, consolidant paradoxalement le régime au lieu de l’affaiblir.
Trump semble désormais prêt à accepter le contrôle iranien du détroit d’Ormuz.
Par ailleurs, le régime iranien pourrait sérieusement envisager l’option nucléaire pour garantir sa survie à long terme.
Les conséquences imprévues de la guerre apparaissent désormais en contradiction avec les objectifs initiaux. Les calculs des deux camps reposaient sur des hypothèses erronées concernant les réactions adverses, laissant comme seule issue réaliste un recul de l’une des parties.
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