Deuxième Hiroshima : cette fois, ce n’est pas une bombe, mais un algorithme !

10:1527/03/2026, vendredi
MAJ: 27/03/2026, vendredi
Ersin Çelik

Aujourd’hui, neuf pays sont connus pour posséder l’arme nucléaire. Les plus grands arsenaux nucléaires appartiennent, dans l’ordre, à la Russie, aux États-Unis, à la Chine, à la France, au Royaume-Uni, au Pakistan, à l’Inde, à Israël et à la Corée du Nord. La puissance nucléaire d’Israël n’a jamais été officiellement déclarée, mais l’existence d’environ 90 ogives dans son arsenal n’est pas non plus démentie. Depuis des années, l’Iran cherche à rejoindre cette liste, à devenir le dixième pays doté

Aujourd’hui, neuf pays sont connus pour posséder l’arme nucléaire. Les plus grands arsenaux nucléaires appartiennent, dans l’ordre, à la Russie, aux États-Unis, à la Chine, à la France, au Royaume-Uni, au Pakistan, à l’Inde, à Israël et à la Corée du Nord.
La puissance nucléaire d’Israël n’a jamais été officiellement déclarée, mais l’existence d’environ 90 ogives dans son arsenal n’est pas non plus démentie.

Depuis des années, l’Iran cherche à rejoindre cette liste, à devenir le dixième pays doté de l’arme nucléaire. Or, cette perspective est stoppée à tout prix.
La guerre lancée le 28 février par les États-Unis et Israël repose précisément sur cette motivation.
Ni les sanctions économiques prolongées, ni les négociations n’ont convaincu l’Iran de renoncer, pas plus qu’elles n’ont amené les puissances occidentales à accepter l’émergence d’une
"dixième puissance nucléaire".

Les médias américains écrivent que Trump a été entraîné dans cette guerre par Israël.
Les allégations selon lesquelles des dossiers liés à l’île d’Epstein, fondés sur des relations troubles et déviantes, auraient été utilisés par Netanyahu comme un
"chantage de guerre"
à la Maison-Blanche prennent chaque jour davantage de sens.

Israël considère qu’un pouvoir iranien doté de capacités nucléaires constitue une menace existentielle directe. Cette peur d’un
"aboutissement inévitable"
a atteint un tel niveau que, depuis le 28 février, plus aucun être humain sur Terre ne peut véritablement se sentir en sécurité.

L’algorithme comme arme de destruction massive


Dans ma précédente chronique, j’avais souligné que les États-Unis et Israël menaient un massacre autonome en s’appuyant sur des applications d’intelligence artificielle. La Silicon Valley a transformé les traces numériques des individus en une puissance incontrôlable, reconfigurant les capacités de combat du Pentagone.


Nous ne le réalisons peut-être pas encore pleinement. Tant que des missiles ne tombent pas dans notre propre environnement, nous continuons de nous croire à l’abri.
Pourtant, les frappes menées en Iran grâce à l’intelligence artificielle, et le massacre de milliers de civils, comme dans l’école de filles de Minab, produiront des effets aussi bouleversants que ceux des bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki en 1945, qui ont redéfini l’ordre mondial.

De nos habitudes de consommation à notre rythme cardiaque, de nos heures de sommeil à nos opinions politiques, toutes nos données sont collectées en permanence.
Ces modèles linguistiques, qui prétendent nous faciliter la vie en nous connaissant mieux, ont émoussé notre vigilance à tel point que, même en attendant notre tour, nous continuons d’alimenter cet écosystème.

Lors des attaques contre les Palestiniens à Gaza et dans les territoires occupés, Israël a recours à des services d’analyse de données et de surveillance pour identifier ses cibles.
Dans un ouvrage du directeur de l’intelligence artificielle de Microsoft, Mustafa Süleyman, cette phrase retient particulièrement l’attention : "Un seul individu a la capacité de tuer un milliard de personnes. Il suffit qu’il en ait la motivation."

La guerre des données a déjà commencé


Cette affirmation signifie aujourd’hui que les décideurs peuvent, en utilisant les bases de données d’entreprises comme
Anthropic ou OpenAI,
liées au Pentagone, ordonner des massacres d’une ampleur comparable à celle d’une bombe atomique.

Lors du sommet sur l’intelligence artificielle à New Delhi, qui s’est tenu ces derniers mois, les représentants de plus de 100 pays ont débattu de la concentration de cette puissance entre les mains de quelques entreprises américaines. La conclusion fut saisissante : la course à l’intelligence artificielle est déjà terminée.
Les États-Unis ont pris possession de la nouvelle arme de destruction massive qui façonnera l’ordre mondial.

Désormais, l’enrichissement de l’uranium ne sera plus le seul motif de guerre : la collecte de données deviendra elle aussi une ligne rouge.
L’interpellation de le fondateur de Telegram,
Pavel Durov,
à Paris et la pression exercée pour obtenir un accès aux données, tout comme les pressions politiques et économiques visant à transférer
TikTok de la Chine vers les États-Unis
, procèdent de la même logique.
Car les États-Unis et Israël savent mieux que quiconque le potentiel de transformation de ces outils en armes.

Dès lors, posséder une plateforme numérique capable de collecter des données massives pourra, au même titre que l’enrichissement de l’uranium, constituer un casus belli pour les États-Unis et Israël.

Les États-Unis détiennent une fois de plus une arme de destruction massive capable de redéfinir l’ordre mondial.
Et cette fois, ils sont accompagnés d’un Israël qui considère toute forme de violence comme légitime au nom de sa sécurité.
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